CHANGER DE GÉRANT NE CHANGERA QUE LES APPARENCES



« La seule sauvegarde de l’État, c’est de répandre la peur et le désespoir. Il y réussit assez efficacement en accréditant une manière de vision apocalyptique. Il répand la rumeur que demain sera pire qu’aujourd’hui. La sagesse consiste donc, selon lui, à consommer, à dépenser avant la banqueroute, à rentabiliser tout ce qui peut l’être, quitte à sacrifier son existence et la planète entière pour que l’escroquerie généralisée se perpétue. »
Raoul Vaneigem, L’État n’est plus rien, soyons tout.

Personne ne peut prédire l’avenir, encore moins en ces temps d’incertitude et de confusion. Le contrôle de la crise, censé éviter le désastre général, se réduit à l’acceptation d’un renforcement des contraintes, ainsi qu’à un appauvrissement du plus grand nombre qui permet l’inflation sans fin des profits d’un petit nombre d’accapareurs. La catastrophe annoncée par les experts scientistes du pouvoir implique automatiquement la solution inévitable, qui se résume à des contraintes implacables imposées à notre survie amoindrie, une administration du désastre des plus autoritaire. La fiction annoncée d’une crise totale a été inventée pour pouvoir imposer les nouvelles consignes de soumission renforcée à la réorganisation sociale du capitalisme nouvellement mondialisé. L’hypothèse d’une catastrophe imminente permet de faire disparaître artificiellement le désastre mortifère qui est déjà là. L’empoisonnement généralisé de la vie n’est pas concevable par les experts scientistes, car l’ampleur du désastre, qui est déjà là, n’est pas calculable en utilisant les outils qui ont servi à le produire.

Les capitalos-trafiquants milliardaires ont instauré une situation d’urgence permanente qui justifie les décisions arbitraires antidémocratiques, une stratégie de choc, où tout s’accélère, répandant la culpabilité, la peur et l’insécurité pour faire passer de force leurs plans d’austérité et de récession sociale, au risque de détruire l’économie. Plus il y a de dettes plus leurs profits augmentent. C’est une fuite en avant qu’ils feront durer aussi longtemps qu’ils le pourront.

Les gouvernements, à la solde de la haute bourgeoisie, utilisent la peur de l’emballement de la crise pour renforcer l’exploitation en bloquant les salaires, détruisant le droit du travail et la protection sociale, et aussi, en durcissant les pressions policières et administratives sur les populations, pour faire accepter le rationnement et la misère.
Les craintes affichées, et les alertes lancées par les experts sont effectivement traduites par des ordres indiscutables dès qu’il s’agit de faire adopter les normes d’une survie encore plus rationnée, en faisant prendre le « venin de la servitude » pour une vertu salvatrice. Le spectre de la catastrophe est utilisé comme conditionnement d’une soumission renforcée aux capitalos-trafiquants. La croyance stupide en leur toute-puissance engendre une peur qui accrédite l’invincibilité d’un système qui s’effondre un peu partout.

L’apparente autodestruction du capitalisme n’est peut-être qu’un leurre pour mieux faire passer les pressions infernales sur des populations apeurées. Le système opaque de la finance évolue rapidement, les milliardaires s’adaptent très vite, car ils en ont les moyens, et ils anticipent les dépressions qu’ils provoquent, les krachs qu’ils déclenchent pour rafler le pactole. La crise c’est la guerre que la haute bourgeoisie a déclarée aux prolétaires, qui ont oublié qu’ils l’étaient, ainsi qu’à la petite bourgeoisie qui se fait plumer à chaque fois qu’une bulle financière éclate. Cette guerre peut durer longtemps. Le pillage qu’elle engendre nous apparaît sans fin. Quelques milliers d’individus à l’avidité maladive, aux fortunes gigantesques et aux pouvoirs sans limites, sont en train de ruiner l’économie réelle qu’ils ont délaissée parce qu’elle ne rapportait plus assez, malgré les pressions des actionnaires. Tant qu’il restera quelque chose à rafler, ils ne s’arrêteront jamais.

Les tentatives étatiques de contrôle des flux financiers des capitalos-trafiquants, sont déjà vaines et sans effet notoire, car ce marché parallèle leur échappe totalement. Il faudrait être devin pour prédire l’avenir. L’autodestruction est probable, mais pas certaine, car il faut tenir compte des grandes facultés d’adaptation de ces grands usurpateurs, dès lors qu’il s’agit d’accomplir leurs mauvais coups en silence, de réaliser leurs forfaits dans la plus grande discrétion.
Les restructurations des dettes souveraines, seules alternatives à la faillite proposées par les économistes et les politiques, ne font en fait que gagner un peu de temps en le perdant à ne rien faire sinon déplacer le problème dans un futur proche qu’ils espèrent meilleur sans trop y croire.
Tout le monde peut aujourd’hui, se rendre compte que cette crise est devenue permanente pour la grande majorité, mais une aubaine pour une toute petite minorité qui en tire ses meilleurs profits.

Lukas Stella, L’invention de la crise, escroquerie sur un futur en perdition, 2011 (extrait).
Myiette est en ligne.
Je suis pas mal d'accord, chouette extrait en tout cas Lukas, si je lisais autre chose que des articles, j'avoue que je serais tentée Wink
J'aurais toutefois une petite réserve sur le danger que je vois à accorder trop de crédits à ses fous érigés en maîtres du monde. Il est clair que leur système est pl...
Jade
Le TINA ? Quelle fumisterie.... un cerveau - ou plusieurs aux vues restreintes - un centre de contrôle et de décision (ou de non-rélexion, car ils sont abrutis.... ou alors se sont de vrais meurtriers agissant à froid - des psychopathes Surprised ) déciderait du sort de l'humanité ? Depuis longtemps quelq...
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Jade, y'a un truc qui vient de s'imposer à mon esprit en survolant ton texte.
Le rôle de l'inconscient, ou un de ses rôles, est, selon moi, de protéger la santé. Les rêves et les cauchemars, de ses instruments pour instruire la conscience selon ses capacités à être instruite sans mettre sa santé en ...
Jade
Au contraire, j'apprécie.... là, je viens juste de me cogner environ 3 heures de taff d'affilée.. peut-être plus...ça me booste presque...tout ce que j'entends ou je lis durant cette campagne présidentielle... Ouais... on peut peter les plombs, je sais... je pense à la permaculture que je pourrai ...
Jade
Il.y a cette phrase qui doit retenir,l'attention :" Plus il y a de dettes plus leurs profits augmentent. C’est une fuite en avant qu’ils feront durer aussi longtemps qu’ils le pourront " - en fait, à un movement, le "casino" va sauter.... c'est tout ce qu'il va se passer... et c'est grave bien sûr, ...
Myiette est en ligne.
et pourtant, la force de travail, c'est nous, il ne nous manque que la capacité organisationnelle. Mais quelques autonomes pourront aider...
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