EN MANIF, SOUTIEN EN MAXIME



Appel à rejoindre ganté de rouge la manif du 26 mai, à Nantes et partout.

Mardi 22 mai, Maxime s'est fait arracher la main droite par une grenade en défendant la zad de Notre-Dame-des-Landes. Il fuyait une charge policière non loin du hameau détruit de la chateigne. Cette mutilation a eu lieu dans le cadre d'une opération militaire qui dure désormais depuis un mois et demi. Dès le 9 avril, les gendarmes ont fait un usage quotidien de cette arme nommée dans leur jargon GLI-F4. Elle contient 25 grammes de TNT, on peut voir un peu partout les cratères noirs qu'elle a creusés dans la terre du bocage. Il était évident qu'elle causerait des blessés, et des blessés graves. Des dizaines de personnes en ont senti les éclats dans leur chair en quelques semaines. Des pieds ont été broyés, des peaux lacérées. Aujourd'hui c'est une main qu'elles ont déchiquetée.

Ces armes n'ont d'autre but que de terroriser les manifestants en faisant peser sur eux le risque des blessures qu'elles entraînent. Cette peur là, nous sommes nombreux ici à l'avoir ressentie. Des explosions en rafale qui vous étourdissent et vous rendent sourds de longues minutes, hébétés dans les gaz. L'angoisse d'être aveuglés et donc incapables de les voir arriver, ne sachant où fuir, nous la connaissons bien désormais. C'est la technique qu'ils ont appliqué chaque jour : d'abord les gaz puis une pluie de grenades. Paniqués dans les nuages en entendant autour d'eux une explosion répétée, en recevant la terre qu'elles soulevaient sans savoir s'il s'agissait d'éclats, ou tout simplement en tombant blessés ? A propos de Maxime, d'un groupe agressif, mais la même chose s'est produite lors du pique-nique pacifique initié par les cheveux blancs le 11 avril. La même chose s'est produite avec des tracteurs. Tous les jours. Il les ont envoyées à plusieurs centaines de mètres grâce à des fusils lanceurs à longue portée, sans voir où ni sur qui elles atterrissaient. Il les ont fait cracher à la tourelle de leurs blindés en tirs tendus. Qu'on ne nous dise pas qu'elles ont une visée autre qu'offensive.

Qu'on ne nous dise pas non plus que la mutilation de Maxime est une bavure ou un accident. La préfète peut ravaler ses regrets hypocrites. Cette amputation est la menace toujours contenue dans la pratique du maintien de l'ordre, la condition de son efficacité sur la population.
C'est afin de camoufler cette évidence que le récit des autorités transforme systématiquement ceux qui en sont victimes en responsables. On nous dit en l'occurence que Maxime armait son bras pour lancer la grenade sur les forces de l'ordre. Ce serait donc sa faute si sa main a été amputée par l'explosion d'une arme de guerre lancée sur quelques manifestants par un des 1600 gendarmes présents ce jour-là. Comme si l'un d'entre nous pouvait sciemment concevoir l'idée d'attraper une grenade dégoupillée contenant du TNT...L'acte de ce jeune homme a consisté à se saisir de ce qu'il croyait être une grenade lacrymogène pour la lancer loin des autres manifestants afin qu'ils aient le passage libre pour fuir les gendarmes sans étouffer dans les gaz. Un geste d'attention que des dizaines d'opposants ont accompli ces dernières semaines. Un geste pour prendre soin de celles et ceux qui nous
entourent. Une marque de solidarité qui a transformé son avenir et que nous n'oublierons pas. Nous appellerons donc dans l'immédiat à rejoindre la manifestation de samedi 26 mai à Nantes et partout en France, armés de notre colère, de nous y retrouver et d'y arborer un gant rouge. 

Des habitant.e.s de la zad.



MENSONGES DE LA GENDARMERIE

Les mensonges de la gendarmerie sur les circonstances du tir de grenade qui a mutilé Maxime.
Alors que l'opération de gendarmerie en cours sur la zad venait de commettre une faute aussi dramatique que prévisible, le premier réflexe du parquet comme du ministère de l'intérieur a été de dégainer au plus vite dans les médias le récit adéquat dans le but de couvrir les faits, se justifier de la mutilation de maxime et tenter de neutraliser les réactions. M. Collomb ou le procureur général s'y sont employés immédiatement de la manière la plus affirmative possible, sans la moidre décence ni le moindre regret. C'est l'usage.

Au-delà des considérations générales sur la brutalité de l'opération policière en cours, de la dangerosité avérée des grenades explosives et de leur usage immodéré sur la zad ces dernières semaines, nous avons souhaité pour notre part attendre d'avoir pu croiser différents témoignages avant d'être aussi affirmatif sur les faits. Il nous apparaît aujourd'hui que la version gouvernementale selon laquelle les gendarmes auraient lancé des grenades pour se dégager en urgence d'un groupe d'une cinquantaine de manifestant.e.s les attaquants avec des cocktails molotovs est une fiction. Les communiquant.e.s de la gendarmerie pouvaient aisément le vérifier : chacune des interventions des gendarmes sur la zone a été filmée par leurs services.

D'après les témoignages que nous avons recueilli, le drame est au contraire intervenu dans un moment décrit comme calme ou quelques dizaines de personnes faisaient face de manière statique depuis environs 45 minutes aux gendarmes mobiles. Ceci alors que le déblaiement d'habitat de la chateigne était en cours derrière la ligne policière. Les gendarmes étaient alors très nombreux face à un groupe réduit de manifestant.e.s. Un effectif de gendarmes mobiles, en embuscade est alors sorti à l'improviste de la forêt. Ils ont chargé les manifestant.e.s pour les dégager du champs et susciter un mouvement de panique.

Cette charge subite a effectivement causé une fuite immédiate des personnes présentes, en direction de l’unique et étroit passage de sortie au bout du champs. C'est à ce moment là qu'une série de grenades a été lancée sur quelques personnes à la queue du groupe tentant d'échapper à la charge. Après l'explosion, plusieurs personnes se sont retournées et ont vu la victime, debout, dos aux gendarme, se tenant le poignet droit avec la main gauche. Celle-ci a ensuite été plaquée au sol et tirée plusieurs mètres plus loin.

Les témoins disent avoir vu les gendarmes "nettoyer" autour de la victime, enlever les morceaux de chair et mettre de la terre sur les traces de sang. Ce qui ressort de l'ensemble des témoignages est clair : contrairement à ce qu'ils affirment, les gendarmes ne sont pas intervenus avec des grenades explosives pour se dégager d'un groupe d'assaillant.e.s et se sortir d'une situation de danger grave, mais bien pour disperser des manifestant.e.s alors statiques et en sous-nombre d'un champs.

Ceci n'a d'ailleurs malheureusement rien d'inhabituel dans cette opération policière. Au cours des dernières semaines, chacun peut témoigner que les grenades explosives GLI-F4, entre autres armes mutilantes, ont été utilisées à de multiples reprises comme simple outil de dispersion et de terreur et non pour faire face à des attaques réelles d'opposants.

Soulignons en passant que du côté même des gendarmes, les seules blessures graves dans leur rangs - à l'automne 2012 comme lors de cette nouvelle vague d'expulsion - ont été causées par un mauvais usage et l'explosion de leurs propres grenades.
Nous appelons à réagir partout pour dénoncer les mutilations causées par les armes de la police et la brutalité de l'opération toujours en cours sur la zad.

zadcontactpresse@riseup.net
http://zad.nadir.org/

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