UN TOUR DE COCHONS !

UN TOUR DE COCHONS ! Qui fait le tour concours à la première place. Seul le gagnant compte, le vaiqueur, le maillot jaune ! Les autres ne sont que de vulgaires perdants, même les gagnants d'étape seront vite oublier...



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"On nous fait croire que pour gagner il faut le mériter. Le mérite du meilleur c’est d’abord sa soumission à l’autorité et aux valeurs du commerce, mais aussi son égoïsme dans la rivalité, sa cruauté à battre son prochain, son goût de la domination, de la concurrence et du pouvoir sur les autres.
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La compétition sociale nous monte tous les uns contre les autres, la lutte des places y est une guerre commerciale qui détruit la sociabilité.
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Battre la concurrence, coûte que coûte, est le fondement de cette culture marketing dont le sport est l’emblème publicitaire. Le sport est l’opium du peuple, il n’exprime que la soumission à l’ordre établi.
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La guerre de tous contre tous, comme modèle de fonctionnement, réalise la société agressive et autoritaire du chacun pour soi, où la violence est quotidienne. Chacun se prend pour le roi et veut imposer sa dictature sur les autres qui n’ont qu’à bien se tenir. L’autre n’a plus qu’à se conformer à ce que je veux qu’il soit, sinon il sera rejeté, neutralisé ou détruit, il n’a qu’à se plier à mes exigences et filer droit. Ce mépris de l’autre est toujours hypocrite, liberticide, fourbe et fallacieux.
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Le sport a toujours été l’activité préférée développée par les dictatures et les fascistes, « au point de devenir un élément constitutif indispensable de ces régimes » (Jacques Ellul). L’institution sportive est un appareil efficace qui répand massivement une idéologie réactionnaire, voire fasciste. On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l’élite, l’obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l’omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l’exaltation de l’effort, l’apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l’idolâtrie du surhomme, l’exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.
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Une société humaine est une coopération collective continue, pas une extermination individuelle de masse. On a besoin des autres pour se construire. C’est la différence de l’autre qui enrichit mon évolution dans la société en la rendant plus complexe. Ce sont les autres qui me font exister. « Je suis les liens que je tisse » (Albert Jacquard, Éloge de la différence). Quand on est en compétition, on ne tisse plus de liens, on les détruit. Toute compétition est un suicide social, une entreprise de déconstruction où les gagnants sont les plus conformistes et les plus antisociaux, car ils détruisent ce qui nous relie les uns aux autres.
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Dans cette société autoritaire, ce sont toujours les membres solidaires et égalitaires, ces déviants considérés comme anormaux, qui lui permettent d’évoluer et de ne pas se scléroser dans une uniformité immobile constituée d’interdits généralisés, sans aucune issue, dans une impasse qui lui serait fatale. C’est parce que cette société individualisée est construite sur l’isolement et la compétition, sans coopération ni sociabilité, que l’inadaptation aux règles de la normalité est le signe d’une bonne santé mentale et sociale. L’autoritarisme, construit sur la généralisation des interdictions, détermine une société qui se fige dans une résignation compétitive, dans un immobilisme barbare sans devenir et sans vie."
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Lukas Stella, Intoxication mentale, 2018, extraits.
http://inventin.lautre.net/linvecris.html#intoxmen...
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