#39 Au cœur de l'insomnie en clinique

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#39 Au cœur de l'insomnie en clinique Cela faisait particulièrement longtemps que je n'avais une insomnie, notamment depuis que l'on m'a régulé mon traitement pour dormir. Le "marchand de tapis" qui s'occupe de moi avec mon traitement psychiatrique est là à m'orienter afin que je puisse retrouver un sommeil comme "monsieur tout le monde". Je vais très bien que j'ai encore pas mal de chose à réguler. Toutefois, je me pose la question suivante : Pourquoi le café et auparavant certains produits me détendent et m'apaisent ? Cette question devient nécessaire pour la poursuite de mes soins tout comme de mon diagnostique. Je pense qu'il est vital de voir que ma crise maniaque cache aussi les conséquences de la COVID que j'ai eu mi-avril. Il est vrai que j'étais déjà dans une montée crescendo les mois avant, mais la crise que je traverse aura été d'une intensité jusque-là jamais inégalée dans ma vie. Je crois sincèrement qu'il y a nature à réfléchir sur les conséquences neurologiques tout comme psychiques. De plus, vu les dernières études, il semblerait que les patients avec des fragilités psychiatriques comme moi, ont plus de chance d'avoir de réelles conséquences sur le long terme avec des décompensations. Je crois que ce n'est pas tellement un jeu. Puis, je me souviens lorsque je suis allé me faire vacciné, j'ai été testé positif de façon directe aux tests sanguins en quelques secondes. Ainsi, je me questionne ... et je n'entrerai pas dans le débat du "pass sanitaire" qui n'est à mon sens qu'un "débat de division" sur une "non-question".

Je me rends compte qu'il y a de la matière à travailler au cours de mon hospitalisation. En effet, je me rends compte d'un certain nombre de dysfonctionnement. Tout cela n'est pas tout à fait en lien avec la maladie psychique, mais bien avec les obsessions que je me tape de jour en jour. La dépendance est certes une "maladie à prétexte", elle est aussi une "maladie de l'obsession". Aujourd'hui, j'ai plus de 430 jours sans consommer. Je suis très heureux de cela. Mais v'là comment j'obsède sur pas mal de chose à en perdre littéralement la raison. Je me rends compte que je vois une réalité entièrement déformée par mon psychique. Ainsi, il me vient une citation assez magistrale qui explique entièrement la vision dans laquelle je suis.

Guy Debord a dit...


Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. (La société du Spectacle)



Puis, j'ai ce soucis d'appartement à régler dans les prochains jours. Il me semble plus que nécessaire de voir qu'une solution s'offre à moi. Pour autant, est-ce raisonnable ? Est-ce utopique ? La question d'une collocation fait signe clairement de voir qu'il y a une réalité entièrement matérielle qui s'offre à moi. Je me rends compte que c'est un bon chemin. Mais, je ne veux forcer personne. Je pense qu'il y a une solution entièrement cohérente qui se dégage : patienter pour mieux poser le projet afin de voir à tête froide. Je dirais même de façon glaciale afin que l'émotionnel ne l'emporte pas et que je ne fonce pas tête baissée dedans. Dans le même temps, ma solution parraît clairement déliquate. Je dois partir en urgence. J'ai peur de me retrouver à la rue. C'est ça la réalité.

Ensuite, je me retrouve dans un état psychique très fatigué et je me rends compte que j'ai bien fait de quitter ma profession d'aide-soignant. En effet, il ne fait guère de doute que je ne pourrais plus jamais réaliser des soins. La lente désintégration d'une profession qui a un malaise de fond. Je me suis retrouvé au cœur d'une situation carrément démentielle où l'impuissance d'une aide-soignante vis-à-vis d'une fin de vie laissait entrevoir clairement un dysfonctionnement de fond entre les différents services. Ainsi, il me semble plus que nécessaire de voir qu'il ne peut y avoir qu'une seule solution en ce qu'il me concerne : rendre mon tablier. Je ne veux plus travailler dans ces conditions ou encore entendre des histoires que j'ai déjà vu et/ou même subi. En effet, l'un de mes traumatisme réside exactement au sein de ma profession et du métier pour lequel, j'ai tant galéré pour avoir un diplôme d'état. Il ne fait guère de doute que les soins sont pour moi : un véritable instrument de torture psychique. Ainsi, je ne veux plus entendre les histoires sordides au sein du métier. Je crois que c'est un choix. J'ai assez galéré pour voir que je ne pourrais rien changer. Les soignants se démerderont eux-mêmes. La pénurie est fabriquée et la valeur des diplômes ne cesse de baisser en fonction de nivellement du niveau par le bas. C'est malheureux, mais c'est ainsi.

Ces quelques notes ont été écrites en pleine nuit. Tout va bien jusque-là, l'atterrissage peut paraître violent. Mais il est urgent que je sois dans une notion de déployer mon parachute.
Miyette est en ligne.
"Pourquoi le café et auparavant certains produits me détendent et m'apaisent ?" C'est un leurre : comme les autres excitants produisant de la dépendance, dont le tabac, ce qui te donne la sensation d'un apaisement, c'est de répondre au manque crée par le produit, manque qui se traduit précisé...
Licioula
Je dis ça, je dis rien; Le comble de l'insomniaque ? C'est de rêver qu'il fait une insomnie" Merci
Reynaud Alexandre
Félicitations pour avoir dépasser 430 jours d'abstinence!
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