CE DONT NOUS NE VOULONS PLUS EST LE FERMENT DE CE QUE NOUS VOULONS

CE DONT NOUS NE VOULONS PLUS EST LE FERMENT DE CE QUE NOUS VOULONS

La seule assise dont le despotisme puisse se prévaloir, c’est la hargne sécuritaire des résignés, c’est le ressentiment suicidaire d’une majorité prétendument silencieuse qui hurle sa haine de la vie.
Si longtemps martelé par les impératifs productivistes, le dogme de l’anti-nature n’a-t-il pas contribué à exaspérer nos réactions émotionnelles, à propager panique et hystérie sécuritaire, en exacerbant en conséquence le conflit avec un virus que l’immunité de notre organisme aurait eu quelque chance d’amadouer ou de rendre moins agressif, si toutefois elle n’avait été mise à mal par un totalitarisme marchand, auquel rien d’inhumain n’est étranger ? 
La dictature du profit a résolu de tout nous ôter à l’heure même où son impuissance s’étale mondialement et l’expose à un anéantissement possible.
C’est le mugissement de ces actionnaires du néant qui font boutique du coronavirus pour propager la peste émotionnelle. Les mercenaires de la mort ne font qu’obéir aux injonctions de la logique dominante.
Ce qui doit être éradiqué, c’est le système de déshumanisation mis en place et appliqué férocement par ceux qui le défendent par goût du pouvoir et de l’argent. Il y a longtemps que le capitalisme a été jugé et condamné.
Nous ne voulons pas juger et condamner le système oppressif qui nous a condamnés à mort. Nous voulons l’anéantir.

Raoul Vaneigem, 2020 (extraits)
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