Un mot de Cesare...

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Cesare Battisti - Désinformations, manipulations, mauvais traitements et patate chaude.

Si on ne sait pas quoi faire de Battisti, il ne causait aucun tort dehors, auprès de son fils qui grandit.
Lire les courts récits
écrits à partir de fin septembre
faute de moyens pour continuer l'écriture
de l'ouvrage commencé au mois de mars.



Une mesure de censure a été mise en place sur son courrier dès son arrivée en Calabre. La requête formulée contre cette censure a été rejeté le 29 octobre. Il fait également l'objet, dès lors, de rapport disciplinaire sur rapport disciplinaire, notamment le 16/09 pour avoir contestée la censure postale le 15 en même temps que la menace d'être confronté au milieu djihadiste, dont il est, de par ses projets littéraires et prises de position, une cible potentielle. Un autre rapport disciplinaire sanctionne sa tentative de faire passer des informations à ses avocats par ses proches, relayée par les médias italiens. Transféré de force en plein cœur de la section Isis, (en Version originale ici), dans une cellule crasseuse et dénuée de tout mobilier, toujours à l'isolement de fait, privé de son activité d'écrivain faute d'ordinateur, pratiquement sans même un livre à lire, il ne lui reste, comme son personnage Marco, que les tâches au mur comme interlocuteur et seule occupation, ou la lecture des communiqués du Vatican.
Il faut être particulièrement persévérant.e, écrire en Italien, et parler du beau temps, pour avoir une chance de lui faire parvenir du courrier, et lui même a beaucoup de mal à en envoyer.
Il dit également que climat est délétère, qu'ils feront tout pour le faire passer pour dangereux, et que la censure sur son courrier ne s'applique visiblement pas aux lettres de menaces qu'il continue de recevoir.



Le 8 septembre 2020, Cesare Battisti annonçait entamer une grève de la faim et des soins thérapeutiques. Toutes les plaintes et recours pour faire valoir ses droits en détention étaient en effet restés vains, (cf notamment la plainte du mois d'Août), au point que l'avocat Davide Steccanella remette en question la justice et sa propre fonction.
Cesare rapportait même des situations d'intimidations.



Depuis, chaque bouffée d'air qu'il arrive encore à inhaler malgré tout lui est systématiquement retirée. S'ensuit alors en effet, au lendemain même de cette annonce, une nouvelle[1] campagne de désinformation médiatique, relayée également par certains journalistes français et brésiliens peu scrupuleux, laisse entendre, en particulier par un titre trompeur, que la cour de cassation aurait validé le 9 septembre 2020 l'isolement qu'il subit depuis près d'un an et demi. Maître Sollai, un de ses défenseurs, dément formellement : Si la cour a bien cassé un vieux recours contre les 6 premiers mois d'isolement purgés depuis juillet 2019, en aucun cas le maintien de cet isolement depuis ne saurait s'en trouver légitimé.
La classification AS2 (haute sécurité), qu'il conteste, a servi jusqu'ici de justification à différents abus, dont le maintien à l'isolement dans une prison qui ne comptait pas d'autres AS2 et les repas servis à l'heure de sa propre promenade, horaire correspondant au retour des autres détenus en cellule pour manger.
Ainsi que, dans la foulée de cette tentative de désinformation, son transfert brutal et sans préavis vers Rossano Calabro. Une maison d'arrêt encore plus inaccessible aux visites de sa famille et de ses avocats, où il rejoint un groupe de 18 détenus djihadistes, alors même qu'il en est une cible potentielle du fait de ses prises de position et projets littéraires. Il rappelle en effet aussitôt au Tribunal de surveillance de Catanzaro, avoir déjà fait l'objet de menaces de mort d'Al Qaïda alors qu'il était incarcéré à la prison de la santé, et d'Isis en 2015 pour s'être exprimé sur leurs opérations en Syrie. Il mentionne également son ouvrage en cours d'écriture sur la Syrie, et dont l'administration pénitentiaire avec connaissance depuis le début, au mois de mars.

Or cette classification qui justifie tous les abus est censée être réservée aux détenus hautement dangereux et n'a plus lieu d'être, dénonce-t'il, 40 années après des faits commis alors qu'il était âgé d'une vingtaine d'années, après une vie d'écrivain bien remplie comptant de nombreuses publications, et toujours parfaitement intégré socialement malgré de constants obstacles.

Ce transfert en Calabre, orchestré dans l'urgence de la révélation publique d'un isolement d'une durée illégale autant que toxique, entrave encore un peu plus le droit au maintien des liens familiaux et remplace de fait une forme d'isolement par une autre. Il avait déjà été opposé, il y a plusieurs semaines, à la demande faite d'un transfert à Rome ou Milan pour faciliter sa défense et les visites de ses proches. Mais le jour même de son transfert, le 12 Septembre, ses avocats n'avaient même pas été avertis, ni qu'il avait été confirmé, ni que le transfert était déjà en cours. Ils soulignent par ailleurs les entraves aux droits de la défense qu'ils ont vécues jusqu'ici : "Je constate que les médias jouissent du privilège de réponses que, en tant qu'avocat, je n'ai jamais reçues au cours de tous ces mois, ce qui rend tout recours impossible. Je suis avocat et j'ai écrit à plusieurs reprises des requêtes formelles au Dap et au ministère. La presse a accès à des instances auxquelles la défense n'a pas accès" . Au 23 Septembre, ses avocats disent n'avoir par réussi à l 'avoir en ligne depuis son transfert le 12 Septembre.
Une mesure de censure y a été mise en place sur son courrier presque qu'immédiatement après son arrivée, et il a déjà fait l'objet d'un rapport disciplinaire le 16/09
pour l'avoir contestée le 15/09. Il faudra donc se montrer particulièrement persévérant.e pour lui faire parvenir du courrier, et lui même aura beaucoup de mal à en envoyer. Il dit également que climat est délétère, et que tout sera fait pour le faire passer pour dangereux.

Une tribune signée et à signer en sa faveur par les personnes qui prônent simplement le droit à la défense a été publiée sur Lundi matin ce lundi 14 septembre.

Pour l'heure, on peut sans doute dire que Cesare est aujourd'hui enterré vivant. Il croule sous les coups d'une série de sanctions disciplinaires. l'une d'elles sanctionne la transmission de ses textes littéraires, témoignages et revendications envoyés par voie postale jusqu'au 12 septembre dernier depuis la prison d'Oristano alors qu'il n'était pourtant pas soumis à la censure. Cette sanction, établissant une censure systématique sur ses échanges postaux, l'empêche pratiquement d'envoyer et de recevoir son courrier (hormis les dizaines de lettres de menaces, qui elles, étrangement, ne semblent pas soumises à la censure). Une autre de ces sanctions a pour cible sa tentative de faire passer par sa famille des informations pour ses avocats, qu'il n'a pas pu avoir en ligne depuis, et dont l'enregistrement avait été diffusé par les médias italiens le 26 Septembre dernier. Depuis, son isolement total se maintien, {{sans même un livre à lire, juste le mur à regarder, comme le dit à l'AFP, un.e de ses proches. Lire également ->ici<- à ce sujet la traduction d'un texte de lui qui illustre en partie, sous une forme littéraire, cette situation, ses efforts pour ne pas voir son esprit se disloquer sous un tel traitement, et la façon dont cela affecte, malgré de tels efforts, son élan vital.

Reste que son état de santé n'est pas bon, une hépatite B a été diagnostiquée, une prostatite aurait été, un temps, suspectée, et il parle dans son courrier du 8/09/2020 d'une insuffisance pulmonaire. Il n'avait pourtant pas jusqu'ici réussi à obtenir un régime alimentaire compatible avec son état de santé, pas plus que le réchaud qui lui aurait permis de "cantiner" comme les autres détenus, de façon à pourvoir lui-même tant bien que mal aux exigences de la maladie en matière nutritive.

La prison est censé n'être qu'une privation de liberté, dédiée à la réinsertion, et paraît-il indispensable à la protection de la société.
On voit bien là encore, le sens que peuvent prendre les voeux pieux, les limites d'un tel système, et toutes les dérives qu'il permet.






[1] Nouvelle campagne de désinformation, car il y a en effet un précédant, avec la fameuse phrase "je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé" et qui a fait le tour des médias alors qu'elle n'a évidemment jamais été prononcée. Mettre n'importe quoi dans la bouche d'une personne qui ne peut démentir ou à peine et en tout cas pas dans un délai raisonnable est facile. Autant qu'inacceptable.







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