Ephémérides anarchistes du mois de janvier

Seront postés ici les textes pour enregistrement des éphémérides du mois de janvier. Pour suivre les enregistrements (fait ou à faire) du mois, rendez-vous là : https://outils.thechangebook.org/calc/za02hxc3dpt9

1 Janvier



Le 1er janvier 1919, naissance de Sara BERENGUER LAOSA, à Barcelone. Militante féminine libertaire, et poétesse.

Elle est née dans une modeste famille ouvrière, son père est maçon et militant libertaire. A treize ans, elle commence à travailler dans une boucherie de marché, mais révoltée par l'exploitation et le machisme, elle quitte plusieurs emplois successivement.

Elle n'a que 17 ans, le 19 juillet 1936, lorsque éclate la révolution. Alors que son père part se battre sur le front, elle s'investit dans la lutte. De secrétaire pour le « Comité Révolutionnaire », elle se retrouve un jour responsable de la distribution des armes. Le soir, elle milite au sein des « Jeunesses Libertaires » et donne des cours aux enfants des rues.

De 1937 à 1938, elle s'engage dans une section de S.I.A ( Solidarité Internationale Antifasciste) où elle se démène sans compter. En octobre 1938, elle rejoint le mouvement féminin « Mujeres Libres » puis s'occupe du secrétariat régional.

En janvier 1939, c'est l'exode vers la France, elle poursuit son travail pour S.I.A à Perpignan puis à Béziers, où elle tente de secourir les internés des camps, dont son compagnon Jésus Guillén. Dans une situation très précaire, elle ne cesse pas la lutte pour autant, malgré la naissance de deux enfants. Après la libération, avec Jésus, elle poursuit son action au sein de la C.N.T en exil. Ils en seront exclus en 1965, pour leur soutien aux jeunes activistes antifranquistes que le mouvement sclérosé ne reconnaît plus. Mais elle ne se laisse pas abattre et, en 1965, elle reprend avec Suceso Portales, la rédaction de la revue « Mujeres Libres ». Sa maison, près de Béziers, reste un lieu de rendez-vous des anarchistes. Elle se consacre alors à la poésie et à la rédaction d'un récit autobiographie « Entre el Sol y la Tormenta » (1988).

Sara Berenguer s'est éteinte le 8 juin 2010.

Enregistrement fait et transmis le 22/12/2019 | Dite par Dan


2 Janvier



Le 2 janvier 1946, naissance de Jean-Bernard POUY à Paris. Écrivain libertaire, auteur de nombreux romans policiers.

Issu d'une famille d'anarchistes catalans, s'il n'est pas lui-même un militant, il garde forte sympathie pour les anarchistes notamment pour les militants anarcho-syndicalistes qui l'ont fortement marqué. Après des études universitaires (un D.E.A en histoire de l'Art sur le cinéma), il devient animateur socio-culturel dans un lycée de la région parisienne. Avant de se consacrer à la littérature policière, il exerce divers métiers comme professeur de dessin, journaliste, scénariste, etc.

En 1983 son premier roman « Spinoza encule Hegel » (écrit en 1977), voit le jour. L'année suivante il débute à la Série noire avec « Nous avons brûlé une sainte » (1984). Dans « La Belle de Fontenay » (prix mystère de la critique en 1993) un vieil anar espagnol mène l'enquête. Pouy est ensuite l'initiateur de la série « Le poulpe », (alias Gabriel Lecouvreur, enquêteur libertaire et pourfendeur d'injustice), qui débute la collection avec son roman « La petite écuyère a cafté » (1995). Un auteur différent à chaque fois reprendra le personnage du Poulpe pour continuer cette série originale qui rencontrera un vif succès auprès du public. En l'an 2000, il lance le personnage « Pierre de Gondol » (enquêteur littéraire), avec le roman « 1 280 âmes », puis laisse à ses amis écrivains le soin de poursuivre les enquêtes .

« Il devait y avoir aussi un complément de fiche un peu plus long, disant peut-être que j'étais un bagarreur, un emmerdeur de première, un violent, un tueur dans l'âme, un psychopathe, peut-être la réincarnation de Jules Bonnot, solitaire et désespéré, le profil du terroriste moyen. Il devait y avoir aussi le témoignage de quelques flics à qui j'avais tenu tête pendant qu'ils me la mettaient au carré ».
Extrait de « La Belle de Fontenay » où le vieil anar espagnol se fait interroger par la police.

Enregistrement fait et transmis le 31/12/2019 | Dite par Dan


3 Janvier



Le 3 janvier 1972, mort de Frans MASEREEL à Avignon. Artiste graveur, antimilitariste, pacifiste et libertaire, avant de rallier le bolchevisme.

Il naît le 30 juillet 1889 à Blankenberge (Flandres belges) dans une famille flamande aisée. Il effectue de brillantes études à l'Académie des Beaux-Arts de Gand. En 1910, il arrive à Paris, s'initie à la xylographie, et publie ses premières gravures sur bois dans « L'Assiette au Beurre » revue satirique publiée par Henri Guibeaux, ami libertaire, qu'il rejoindra en Suisse après la déclaration de Guerre.

En Suisse, il va travailler comme traducteur pour la Croix Rouge. Traumatisé par les horreurs de la guerre et du militarisme, il va donner alors la pleine mesure de son talent dans ses gravures et prendre part en compagnie de l'anarchiste Claude Le Maguet à la création des « Tablettes » revue pacifiste éditée de 1916 à 1919. Lié à Romain Rolland, il va commencer avec le livre de ce dernier « Liluli » une carrière féconde d'illustrateur.

En 1921, il revient en France (ne pouvant rentrer en Belgique à cause de son passé de réfractaire durant la guerre), et produit un important travail de gravures, peintures et aquarelles. Mais séduit par la Révolution russe, il donnera tout son crédit aux bolcheviques. En août 1932, il participe à Amsterdam au Congrès contre la guerre et le fascisme. Il séjournera à deux reprises en 1935 et 1936 en URSS et adhérera à « l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires » (communiste) et organisera des cours à l'Académie populaire de peinture créée par l'Union des syndicats de la Seine.

En 1937, il réalise des fresques monumentales pour l'Exposition internationale de Paris. En juin 1940, fuyant les troupes allemandes, il se fixe un temps à Avignon puis se réfugie en 1943 dans le Lot-et-Garonne. Après la guerre, il vivra à Nice puis à Avignon et obtiendra, à partir des années cinquante, une reconnaissance internationale.

Enregistrement fait et transmis le 31/12/2019 | Dite par Dan


4 Janvier



Le 4 janvier 2007, mort de Carles FONTSERÈ à Gérone (Catalogne). Un des plus importants affichistes anarchistes catalans de la révolution espagnole.

Il naît le 9 mars 1916 à Barcelone d'une famille carliste (branche monarchiste), il s'en éloigne et débute une carrière artistique. Il commence comme illustrateur et s'affilie début 1936 au Syndicat des Dessinateurs Professionnels (SDP) aux côtés d'Helios Gómez.

Lorsque la révolution éclate, il met son talent au service de la C.N.T et la F.A.I pour lesquelles il va réaliser de nombreuses affiches qui vont compter parmi les plus fortes. Dans un souci de propagande, il sera aussi à l'origine des fresques qui orneront les trains sillonnant la zone républicaine. En 1937, il s'engage dans les Brigades Internationales sur le front de Madrid. Après la déroute, il se réfugie en France où il est interné comme tant d'autres dans les camps du sud de la France. Il séjourne ensuite à Paris avant de partir travailler au Mexique en 1948. L'année suivante il s'installe à New York où, durant 23 ans, il va poursuivre sa carrière comme dessinateur de Comics et autres bandes dessinées. Il sera aussi directeur artistique, photographe, etc.

Dans les années soixante, il travaille avec Salvador Dalí en tant que scénographe. En 1973, il retourne en Catalogne et se fixe à Porqueres près de Gérone. Après la mort de Franco, il va militer pour la réapropriation par la Catalogne des archives de la guerre civile retenues à Salamanque. En 1986, lors d'une exposition sur l'anarchisme catalan et la guerre, il réalisera une dernière affiche pour les compagnons.

Il se consacre ensuite à la rédaction de ses souvenirs qui paraîtront en trois volumes, en catalan. A voir, en français, l'ouvrage collectif publié par les Éditions Libertaires: "Espagne 36, Les affiches des combattants de la liberté".

Enregistrement fait et transmis le 31/12/2019 | Dite par Dan


5 Janvier



Le 5 janvier 1990, mort de Dolores ITURBE ARIZCUREN, à Gijón (Espagne). Militante, journaliste, écrivaine et propagandiste anarchiste espagnole.

Elle est née le 1er août 1902 à Barcelone. Dès l'âge de neuf ans elle commence à travailler comme apprentie puis servante et, à 14 ans, comme culottière. Sous l’influence de Juan Manent et de Canals elle adhère au syndicat du vêtement de la CNT. En novembre 1924, à la Modelo de Barcelone, elle assiste aux derniers moments de Juan Montejo et de José Llacer, condamnés à mort pour avoir attaqué une caserne le 6 novembre 1924.

En 1926, Juanel, avec qui elle partage sa vie depuis six ans, est recherché par la police espagnole ; elle le suit dans son exil à Paris puis à Bruxelles où elle retrouve Ascaso et Durruti. En 1930, elle rentre avec Juanel en Espagne. Après la proclamation de la République, elle devient membre de la rédaction de « Tierra y Libertad » l’organe de la FAI. Elle participe aux insurrections libertaires de 1933 et 1934. Co-fondatrice en avril 1936 de l’organisation féminine libertaire « Femmes Libres » à laquelle vont adhérer près de 20 000 femmes.

En 1937 à Barcelone, elle intègre les services juridiques de la CNT où elle œuvre à la libération des militants de la CNT et du POUM emprisonnés par les staliniens. Lors de la « Retirada », elle passe en France. Elle retrouve son compagnon à Nîmes et participe, pendant l’occupation allemande, à la reconstruction du mouvement libertaire espagnol. A la Libération, le couple s’installe à Toulouse, puis son compagnon rejoint la lutte clandestine antifranquiste. Après l’arrestation de Juanel en Espagne en 1946, elle travaille comme ouvrière culottière à Toulouse jusqu’à la libération de ce dernier en 1952.

Elle revient en Espagne en 1976, après la mort de Franco, et s'installe avec Juanel à La Verneda de Barcelone. Elle participe aux activités de la CNT. Après la mort de Juan Molina en 1984, elle partagera son temps entre la Catalogne et les Asturies.

Enregistrement fait et transmis le 31/12/2019 | Dite par Dan


6 Janvier



Le 6 janvier 2014, mort à Paris de Marina GINESTÀ. Milicienne antifasciste.

C'est cette jeune militante antifasciste française, née à Toulouse le 29 janvier 1919, âgée de 17 ans, qui deviendra une des icônes de la Guerre d'Espagne, grâce à la photo que Juan Guzmán prendra d'elle avec son fusil, le 21 juillet 1936, sur la terrasse de l'Hôtel Colón à Barcelone.

Elle vivait à Barcelone depuis que ses parents s'y étaient installés quand elle n'avait que onze ans. Adolescente, elle rejoint le Parti socialiste unifié de Catalogne. Au début de la guerre d'Espagne, elle devient reporter et traductrice dans les Brigades internationales auprès de Mikhail Koltsov, correspondant du journal soviétique la « Pravda ». Elle l'accompagnera à Bujalaroz pour un entretien avec l'anarchiste Buenaventura Durruti. Blessée avant la fin du conflit, Marina Ginestà est évacuée en France à Montpellier. Après l'instauration du régime de Vichy et l'occupation de l'armée allemande, elle choisira l'exil au Mexique, rejoignant ainsi un certain nombre de combattants antifascistes espagnols après la défaite en 1939.

Elle part ensuite en République Dominicaine où elle se marie. Mais en 1946 elle est contrainte de quitter le pays à cause des persécutions de la dictature. Elle devient très critique à l'égard de Staline. Sa lecture de l'ouvrage de George Orwell « Hommage à la Catalogne » pendant les années 1960 fera pencher ses sympathies vers la CNT et le POUM. En 1960, elle épouse un diplomate belge et regagne Barcelone puis s'installe définitivement à Paris au début des années 1970.

En 2008, un documentaliste réussit à l’identifier et lui fait découvrir le cliché. Lors d'un entretien, elle raconte : « Le socialisme était arrivé, les clients de l’hôtel avaient fui. Il y avait de l’euphorie. [...] On me dit que j'ai un regard orgueilleux. C'est possible. Nous nagions alors dans la mystique de la révolution prolétarienne et les images de Hollywood de Greta Garbo et de Gary Cooper ».

Enregistrement fait et transmis le 03/01/2020 | Dite par Dan


7 Janvier



Le 7 janvier 1887, naissance d'Henri CHASSIN à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d'un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l'uniforme militaire chez les « Zouaves », il est envoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte, mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d'Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s'en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il est finalement libéré après la fin de la guerre et rentre comme cheminot à la Compagnie des Chemins du fer du Nord. Il s’était syndiqué et militait à la fédération des cheminots, affiliée à la CGT.

En 1920, il est élu Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre où il était le créateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des matinées du « Tire Bouchon ». La même année, il prend une part active à la grande grève du Chemin de fer, mais cela lui vaudra d'être condamné puis révoqué. Il reprend alors des études et obtient une licence de droit, qui lui permettra de retrouver en 1923 un emploi au service du contentieux chez Dunlop. Emploi qu'il conservera jusqu'à sa retraite en 1952.

Mais Henri Chassin menait en parallèle une carrière de chansonnier, il était auteur de poésies et de chansons engagées (notamment sur des musique de Robert Dubuisson) qu'il chantait dans les cabarets montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d'Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge », reconstitué notamment par Clovys en 1918. Il y croisa Pierre Dac. En 1922 il était membre du bureau de la fédération internationale des arts, des lettres des sciences (FIALS).

En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie. Il est mort en 1964.

Enregistrement fait et transmis le 03/01/2020 | Dite par Dan


8 Janvier



Le 8 janvier 1873, mort de Vincenzo PEZZA (dit Burbero) à Naples. Internationaliste bakouniniste italien.

Il naît à Milan en 1841 dans une famille bourgeoise. D'abord républicain mazzinien, il s'enrôle en 1866 dans les colonnes de volontaires de Garibaldi, après l'avoir suivi dans sa conquête sicilienne quelques années auparavant. Il sera ensuite rédacteur dans le journal républicain « Gazzettino Rosa ».

Mais fortement influencé par l'exemple de la Commune de Paris il rallie l'internationalisme anti-autoritaire de Bakounine avec lequel il va correspondre, et à qui il rendra visite le 15 octobre 1871 à Locarno, rencontre au cours de laquelle se fit entre eux une « entente complète ». En février 1872, il fonde à Milan le journal « Il Martello » (Le Marteau) organe du cercle ouvrier de la ville, quatre numéros seulement paraîtront mais tous seront saisis par la police, et cela lui vaudra une condamnation à cinq mois de prison.

Pezza écrivit également dans le « Gazzettino rosa « sous le pseudonyme de « Burbero », et il allait devenir le plus ardent propagandiste de l’internationale en Italie. Il œuvre ensuite à rassembler les sections italiennes ayant adhéré à l'Internationale, qui s'uniront lors de la Conférence de Rimini (4 août 1872) pour former la Fédération Italienne de l'Internationale. Le 18 août 1872 à la Chaux-de-Fonds (Suisse), il assiste avec Cafiero à un congrès de la « Fédération Jurassienne », et assiste les 15 et 16 septembre 1872, au Congrès de Saint-Imier (mais n'y est pas délégué).

Il est alors très affaibli par une grave affection pulmonaire qui causera sa mort quelques mois plus tard à Naples. Ses funérailles laïques, le 10 janvier1873, seront suivies par une foule d'ouvriers et d'étudiants.

Enregistrement fait et transmis le 03/01/2020 | Dite par Dan


9 Janvier



Le 9 janvier 1905, mort de Louise MICHEL, à Marseille. Enseignante, communarde, écrivaine, poète, militante et propagandiste anarchiste.

Elle naît le 29 mai 1830 au château de Vroncourt (Haute-Marne). Élevée au château, elle y reçoit une bonne éducation qui lui permettra de poursuivre des études pour devenir institutrice. Après avoir ouvert des école libres, elle arrive à Paris.

Le 22 janvier 1871, elle participe à la fusillade de l'Hôtel de Ville contre le gouvernement. Dès le 18 mars, elle prend part à la Commune de Paris où elle se dépense sans compter, à la fois propagandiste au Club de la Révolution et collaboratrice du « Le Cri du Peuple » de Jules Vallès, prenant part aux combats et secourant les blessés. Durant la Semaine sanglante, elle tire ses dernières cartouches sur la barricade de la Chaussée Clignancourt et parvient à échapper aux Versaillais, mais elle se livrera pour faire libérer sa mère retenue en otage.

Le 16 décembre 1871, elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. Le 29 août 1873, elle est embarquée à Rochefort sur la frégate « La Virginie » en direction de La Nouvelle Calédonie où elle accoste quatre mois plus tard au bagne sur la presqu'île Ducos (c'est durant ce trajet qu'elle se déclare anarchiste). Amnistiée en juillet 1880, elle arrive le 9 novembre 1880 à Paris où elle est accueillie triomphalement par les ouvriers parisiens.

Le 9 mars 1883, arborant un jupon noir comme drapeau, elle est en tête d'une manifestation des sans-travail, au cours de laquelle deux boulangeries sont pillées. Recherchée puis arrêtée, elle est condamnée le 22 juin 1883 à six ans de prison pour « incitation au pillage ». Libérée en janvier 1886 elle devient rapidement la figure de proue des anarchistes donnant d'innombrables conférences à travers la France. Le 22 janvier 1888 au Havre, un individu tire 2 coups de revolver sur elle. Blessée d'une balle à la tête, elle fera pourtant tout pour obtenir la grâce de son agresseur.

Elle meurt dans un hôtel de Marseille le 9 janvier 1905, à l'issue d'un meeting.

Enregistrement fait et transmis le 03/01/2020 | Dite par Dan


10 Janvier



Le 10 janvier 1949, mort d'Alexandre-Joseph ALEXANDROVITCH à St-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Peintre et portraitiste libertaire.

Il est né le 17 mars 1873 à Telschy (Russie). Il s'installera en France (où il obtiendra sa naturalisation), et sera l'élève de Gérôme (1824-1904). Il s'est adonné principalement au portrait et au paysage, mais a produit aussi des nus et des compositions symboliques comme « Le Veau d'Or », « Le Passé et l'Avenir », « L'Aube Rouge », « Prolétaires de tous pays unissez-vous ». Son œuvre comprend aussi bien des peintures, des dessins à la plume, des fusains, des eaux fortes, des sanguines, que des lithographies.

De sensibilité socialiste, sinon libertaire, il a réalisé de nombreux portraits (près de trois cents) de figures marquantes du socialisme comme Marx, Blanqui, mais aussi d'anarchistes comme Louise Michel, Francisco Ferrer, Elisée Reclus, Pierre Kropotkine, Jean Grave, Sébastien Faure, Léon Tolstoï, Han Ryner, Charles-Ange Laisant, Emile Rousset, etc. Certains de ces portraits ont été édités en cartes postales.

Membre du salon des Artistes français, il a exposé au Salon des Indépendant de 1903 à 1932. Son talent lui a valu de recevoir de nombreux prix, et certains de ses tableaux et portraits ont été acquis par l’État (comme celui d'Alfred Naquet) ou par des municipalités. Son atelier se trouvait à Asnières, et il était lié à la famille de Charles-Ange Laisant. Plusieurs de ses tableaux se trouvaient encore au domicile de Maurice Laisant en 1980. Des portraits comme celui de Tolstoï, Ferrer, ou Eugène Varlin, ont été reproduits dans le journal « Le Monde Libertaire » en 1957-58.

Enregistrement fait et transmis le 04/01/2020 | Dite par Dan


11 Janvier



Le 11 janvier 1943, mort de Carlo TRESCA à New York. Militant et propagandiste anarchiste et anarcho-syndicaliste. Assassiné par un tueur jamais identifié, assassinat organisé par un chef de la mafia américaine, Vito Genovese, un des proches amis de Benito Mussolini.

Il naît le 9 mars 1879 à Sulmona (Italie). A 20 ans, il est secrétaire du syndicat des cheminots. Puis il est contraint à l'exil, à l'âge de 24 ans, pour avoir publié un journal d'agitation « Il germe ». Il se réfugie en Suisse, puis émigre aux États-Unis. Il publie un nouveau journal en italien « La Plèbe », adhère aux I.W.W. et participe aux grandes grèves du textile en 1912, puis à la marche des chômeurs de New York.

En 1917, le journal « L'Avvenire » qu'il dirige, est interdit de diffusion pour « propagande pacifiste ». A partir de fin 1917, il va diriger le journal « Il Martello » (Le Marteau) qu'il publiera jusqu'à sa mort. Il en fera un organe de combat de la classe ouvrière italo-américaine et du mouvement anarchiste. En 1921, il est membre du « Venanzi Memorial Commitee » qui s'était chargé d'éditer un recueil des textes de Flavio Venanzi à titre d'hommage posthume.

En 1923, il est condamné à un an de prison pour avoir publié un livre sur le contrôle des naissances, mais suite à de grandes manifestations de soutien, sa peine est ramenée à 4 mois. A sa sortie de prison, il s'attaquera, dans son journal, à la propagande fasciste de Mussolini dans le milieu de l'émigration italienne, et organisera la guérilla urbaine contre les chemises noires et les fascistes américains.

Il prendra la défense des anarchistes victimes de répression anti-syndicale ou anti-anarchiste, et s'élèvera avec la même vigueur, en 1933, contre les persécutions du régime stalinien.

Enregistrement fait et transmis le 04/01/2020 | Dite par Dan


12 Janvier



Le 12 janvier 1909, mort de Celso CERETTI à Ferrare en Italie. Partisan de Giuseppe Garibaldi, anarchiste internationaliste, puis politicien socialiste.

Celso Ceretti est né à Mirandola, en Italie le 23 janvier 1844. Son père avait été emprisonné pour les émeutes de 1831, et a éduqué ses enfants dans les idéaux démocratiques. À quatorze ans, il s'est engagé dans la campagne de Garibaldi en Sicile. Par la suite, il est devenu l'un des plus proches disciples de Garibaldi, et a ensuite servi de lien entre lui et le mouvement ouvrier.

En 1870, Cerretti a rejoint l'Armée des Vosges. En 1871, il participe à la défense de la France et de la Commune de Paris. Cette année-là, il fonde la Société Républicaine Anti-Catholique et participe à la fondation de la section italienne de l'Association internationale des travailleurs (IWA).

En 1871, Garibaldi était encore respecté par les socialistes dans le reste de l'Italie. Ce dernier avait prévu de convoquer un congrès démocratique, mais il l'a annulé en raison des querelles entre les factions. Avec le soutien de Mikhail Bakounine, Ceretti et d'autres ont organisé une conférence à Bologne le 17 mars 1872 durant laquelle a été rejeté l'opinion selon laquelle la question de la réforme sociale pourrait suivre la création d'une république, votant également contre la participation aux élections, se rapprochant en fait de la position de Bakounine.

Le 11 mars 1873, Ceretti fut arrêté pour ses activités au sein de l'IWA et emprisonné pendant cinq mois. Il a ensuite été jugé pour « conspiration » sans être condamné. En 1875, il a commandé la Légion italienne en Serbie avec le grade de major dans la lutte contre la domination turque.

En 1886, Ceretti a fondé la Société des anciens combattants radicaux. En 1888, il a survécu à une attaque au couteau à Paris. Cette année-là, il fonde le périodique socialiste « Le soleil du futur ». En 1890, il fut le premier socialiste à entrer au conseil municipal de Mirandola.

Enregistrement fait et transmis le 04/01/2020 | Dite par Dan


13 janvier



Le 13 janvier 1925, naissance d'Anna Maria PIETRONI, à Rome. Militante anarchiste italienne.

Elle est née dans une famille de militants anarchistes, son père cheminot d'Ancona sera un des compagnons de Malatesta, il sera persécuté et perdra son emploi durant le fascisme. Quant à son frère Manlio, il sera condamné le 8 janvier 1940 en tant qu'anarchiste à neuf années d'emprisonnement par un Tribunal spécial.

Elle fait des études littéraires au lycée, et prend part à la Résistance antifasciste comme messagère des maquis. Après un mariage qui ne dure que quelques jours, elle se remarie avec le partisan communiste Veraldo (Aldo) ROSSI (né en avril 1921), dont elle aura deux fils. Après la Libération, elle abandonne le Parti communiste avec son compagnon pour revenir aux idéaux libertaires et entame une longue collaboration à l'hebdomadaire « Umanità nova ».

De 1963 à 1965, elle contribue avec Aldo et les membres du groupe de la Garbatella de Rome, à la publication du Bulletin « La Bussola ». Après les polémiques suscitées dans le mouvement anarchiste international sur la question cubaine et la démission d'Armando Borghi lors du congrès de 1965, elle entrera avec Aldo dans la nouvelle rédaction « d'Umanità Nova ».

Après le massacre d’État du 12 décembre 1969 à Milan, elle participera activement à la contre-enquête qui contribuera à faire la lumière sur la véritable nature de cet attentat et participera aussi à de la campagne de soutien en faveur de l'anarchiste Giovanni Marini, condamné à neuf ans de prison pour s'être défendu d'une attaque armée d'un groupe fasciste en blessant à mort l'un de ses assaillants.

Elle décédera, avec Aldo, dans un accident de la circulation survenu dans la nuit du 27 au 28 avril 1974.

Enregistrement fait et transmis le 05/01/2020 | Dite par Dan


14 Janvier



Le 14 janvier 1921, naissance de Murray BOOKCHIN à New York. Anarchiste américain et théoricien de l'écologie sociale et du municipalisme libertaire.

Issu de parents révolutionnaires russes émigrés, il adhère très jeune au mouvement des jeunes communistes, mais est vite désillusionné par son caractère autoritaire. Il est exclu du mouvement en 1939 pour déviationnisme. Il se tourne alors vers les trotskistes mais est également désappointé par le même autoritarisme. Il milite au syndicat "L'UAW" (United Auto-Workers) et prend part à la grande grève de "General Motors" en 1948.

Il apporte sa participation à divers journaux et est intimement mêlé au mouvement de contre-culture de la nouvelle gauche américaine. Dans les années soixante, il écrit divers ouvrages qui en font un pionnier de l'écologie sociale et révolutionnaire. Sa critique du marxisme traditionnel recueille un large écho. Il propose ensuite de trouver une alternative à l'Université institutionnelle en créant des Universités libres. Co-fondateur puis directeur de l'Institut pour une écologie sociale à Vermont, il acquiert une réputation internationale pour ses travaux éco-philosophiques et sur la recherche d'alternatives technologiques, théories qu'il enseignera (de 1974 à 1983) au Ramapo Collège du New Jersey.

Il propose également un type d'organisation sociale et politique qu'il définit dans le concept de « municipalisme libertaire ». Il meurt à son domicile de Burlington, le 30 juillet 2006.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont certains ont été traduits en français : « Vers une technologie libératrice », « Qu'est-ce que l'écologie sociale », « Une société à refaire, Sociobiologie ou écologie sociale », « Quelle écologie radicale? ».

« Si l'autorité idéologique de l'étatisme repose sur la conviction que le citoyen est un être incompétent, quelquefois infantile et généralement peu digne de confiance, la conception municipaliste de la citoyenneté repose sur la conviction exactement contraire ».

Enregistrement fait et transmis le 05/01/2020 | Dite par Dan


15 Janvier



Le 15 janvier 1809, naissance de Pierre-Joseph PROUDHON, à Besançon. Penseur, économiste, sociologue et révolutionnaire.

Après avoir travaillé dans l'imprimerie, un de ses premiers ouvrages voit le jour en 1840 : « Qu'est-ce que la propriété? ». Ce livre fait immédiatement scandale et Proudhon échappe de peu à des poursuites judiciaires. En 1841 et 1842, paraîtront le 2e puis 3e mémoires sur la propriété. Le dernier « Avertissement aux propriétaires » est saisi. Proudhon, poursuivi, sera finalement acquitté.

Pendant l'hiver 1844, il rencontre, à Paris, Bakounine, Marx. Le 15 octobre 1846, est publié « Système des contradictions économiques ou philosophie de la misère" ». Après la révolution de février 1848, (où il fait paraître le journal « Le Représentant du Peuple »), Proudhon est élu, le 4 juin, aux élections complémentaire de l'Assemblée nationale. Le 31 juillet 1848, il y prononce un violent réquisitoire contre la bourgeoisie. Début 1849, il tente la création d'une « Banque du Peuple », mais à la suite d'articles parus dans « Le Peuple », il est condamné à trois ans de prison. Il y restera jusqu'en juin 1852. « Les confessions d'un révolutionnaire pour servir à l'histoire de la révolution de février », écrites pendant son incarcération, sont publiées en octobre 1849. « La révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre » sort en juillet 1852. « De la justice dans la révolution et dans l'église », paru en 1858, lui vaut à nouveau 3 ans de prison, mais il se réfugie en Belgique, où il continue à écrire.

Il rentre à Paris fin 1862. « Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution » paraît le 14 février 1863 alors que Proudhon est malade. « De la capacité politique des classes ouvrières » ne sortira qu'après sa mort, survenue à Passy le 19 janvier 1865.

Théoricien du fédéralisme et du mutualisme, sa pensée aura une profonde influence sur toute l'histoire sociale des 19ème et 20ème siècles.

Enregistrement fait et transmis le 05/01/2020 | Dite par Dan


16 Janvier



Le 16 janvier 1871, naissance de Jean BOURGUER, à Reims. Militant anarchiste, antimilitariste, anticlérical et syndicaliste révolutionnaire.

Ouvrier du textile, il milite, en 1891, dans le groupe anarchiste de Reims. Condamné à un an de prison pour « excitation de militaire à la désobéissance », il s'insoumet ensuite au service militaire, ce qui lui vaudra de passer, au total, deux ans en prison.

En 1898, à Roubaix, il devient le responsable du journal « Le Cravacheur » et collabore au journal « Le Droit de Vivre » (édité à Paris). Militant syndicaliste, il est à plusieurs reprises délégué dans les congrès pour représenter la Fédération du Textile et la Bourse du Travail de Reims.

En septembre 1903 il fut un des auteurs d’un appel à la suite duquel fut constitué le groupe Les iconoclastes dont furent entre autres membres Beauvilain, Deverly, Boucher, Quirin et Liénard.

En 1905, Bourguer s’installa à Tourcoing et adhéra à l’Union des Travailleurs de Reims ; il était alors gérant du journal anarchiste du Nord « Le Combat », paru successivement à Tourcoing, Lille, Roubaix entre 1905 et 1914. Bourguer faisait à ce moment des conférences dans le Nord et à Reims. Il appartenait au conseil d’administration de la bourse du Travail de Reims.

En 1907, il est un des principaux collaborateurs avec Charles Dhooghe et Victor Grimbert du journal anarchiste « La Cravache ». À l’automne, il fut condamné à vingt ans de travaux forcés et d’interdiction de séjour pour recel d’un fauteuil volé trouvé chez lui, et ce bien que le voleur ait déclaré au procès que Bourguer n’était pas au courant. Il réussit à s’enfuir aux États-Unis avec les papiers d’un compagnon et s’installa à Philadelphie. Après la première guerre mondiale, il revint en France et s’installa à Trélazé près d’Angers. Sa peine ayant été couverte par la prescription, il revint faire à Reims une conférence à la Bourse du Travail où il déclara : «  Anarchiste, je suis parti, anarchiste je reviens. ».

Enregistrement fait et transmis le 05/01/2020 | Dite par Dan


17 Janvier



Le 17 janvier 1947, mort d'Eugène ADAM dit LANTI, au Mexique. Militant anarchiste puis communiste et enfin espérantiste fondateur du mouvement espérantiste anationaliste S.A.T.

Fils d'un charpentier-sabotier, il est né le 19 juillet 1879, à Néhou dans la Manche. Ouvrier ébéniste, il découvre l'anarchisme lors d'une conférence de Sébastien Faure à Rouen. Cet autodidacte, après avoir suivi des cours de langues et de sociologie, deviendra à trente et un ans professeur dans une école professionnelle. Son anticonformisme anarchiste lui vaudra alors le surnom de « L'anti ».

En 1914, lorsque éclate la guerre, il est affligé du ralliement des forces socialistes autour de « l'Union sacré » et en particulier de certains anarchistes au bellicisme ambiant (Manifeste des 16). Il se passionne alors pour la langue internationale espéranto dont il va se faire le promoteur.
Séduit par la révolution bolchevique, il pense que l'espéranto peut devenir le ciment du communisme international. Il devient alors le responsable du journal « Esperantista Laboristo » qu'il mettra au service de la révolution. Mais après un voyage dans la Russie bolchevique en 1922, il revient fort déçu de son voyage au pays des Soviets, et même s'il gardera sa carte au Parti communiste jusqu'en 1928, il s'opposera au contrôle de « l'Internationale communiste » sur son organisation en 1923.

Il devient ensuite le théoricien et l'artisan du mouvement espérantiste anationaliste qui va prendre le nom de « Sennacieca Asocio Tutmonda » S.A.T (Association mondiale anationaliste). En 1934, il se remarie avec une suffragette anglaise du nom d'Ellen Kate, mais son idéal anationaliste et sa passion des voyages le poussera à effectuer un périple solitaire à travers le monde : l'Espagne et le Portugal en 1936, le Japon en 1937, l'Australie et la Nouvelle-Zélande en 1938, l'Uruguay, l'Argentine, le Chili en 1939, et pour finir par le Mexique en 1940 où, atteint d'une tumeur au cerveau, il choisira une mort volontaire.

Enregistrement fait et transmis le 12/01/2020 | Dite par Dan


18 Janvier



Le 18 janvier 1970, mort de René KERAVIS, à l'âge de 42 ans. Militant anarchiste français.

C’est à la Libération que René Keravis adhéra à la Fédération Anarchiste. Militant actif des auberges de jeunesse, il fut l’un des fondateurs du « Mouvement Indépendant des Auberges de Jeunesse » qui regroupait les militants libertaires et révolutionnaires et avait comme organe le bulletin « Regain ». En 1952 il participa à la création du regroupement « Jeunes Libertaires » qui publiait le bulletin du même nom. Après que l’OPB de G. Fontenis se soit emparé de la FA devenue FCL, il participa les 25-27 décembre 1953, salle Marcadet à Paris, à la refondation d’une Fédération anarchiste autour de Maurice Joyeux.

En 1958, il écrivait : « Hier les syndicalistes Tunisiens, Marocains étaient victimes de ce même colonialisme, aujourd'hui comme l’histoire le prédisait, ils sont victimes de l’état qu’ils ont créé; ils en tireront, cela est inéluctable, un enseignement qui, nous devons l’espérer, leur ouvrira la voie de l’internationalisme prolétarien.Mais si dès maintenant nous n'épaulons pas les syndicalistes algériens, en butte contre la répression féroce des forces de l'oppression capitaliste, au plus écœurant des nationalismes arabes, si nous ne nous élevons pas contre l'assassinat des militants algériens de l’U.S.T.A. fidèles représentants de la classe ouvrière algérienne, nous commettons une erreur irréparable aux yeux du véritable combat syndicaliste aux yeux de l'internationalisme ouvrier ».

Dans les années 1960 il était le secrétaire du groupe Spartacus adhérent à l’Union des Groupes Anarchistes communistes de Grenoble et collaborait au « Monde Libertaire ». Employé des PTT et militant de la CGT-FO, il participait aux œuvres sociales en enseignant le ski aux enfants des agents des Postes.

René Keravis s’est tué dans un accident d’automobile le 18 janvier 1970 en revenant d’un week-end d’enseignement du ski.

Enregistrement fait et transmis le 12/01/2020 | Dite par Dan


19 Janvier



Le 19 janvier 1912, naissance d'Armand ROBIN à Plouguernével (Bretagne). Traducteur, écrivain et poète libertaire.

Passionné par l'étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant. Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature.

Il traduit en particulier de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak. Au total, c’est une centaine d’auteurs qu’il traduit en français depuis une vingtaine de langues. Il se passionne également pour l'écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d'écoute d'émissions étrangères.

Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. Robin définit « l'anarchiste » comme celui qui est « purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d'une façon quelconque impliquer domination sur d'autres consciences ».

Il anime au début des années 1950 une série d'émissions de radio bilingues sur les poètes du monde entier : « Poésie sans passeport » sous la direction de Claude Roland-Manuel. Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d'écrire d'innombrables poèmes, jusqu'à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, à l'infirmerie du Dépôt de la police, à Paris.

La famille d'Armand Robin ayant refusé l'héritage, ses biens devenaient propriété de l'État, qui n'allait pas se préoccuper de ses archives. Claude Roland-Manuel et Georges Lambrichs parvinrent à en détourner trois valises de manuscrits qui furent déposées chez Gallimard. Alain Bourdon, président de la Société des Amis d'Armand Robin, les détint par la suite. Il fut chargé par les éditions Gallimard d'en constituer un volume de poèmes et fragments posthumes. Le livre parut en 1968, intitulé « Le Monde d'une voix » et préfacé par Henri Thomas.

Enregistrement fait et transmis le 12/01/2020 | Dite par Dan


20 Janvier



Le 20 janvier 1862, naissance d'Augustin HAMON, à Nantes. Militant et historien anarchiste puis socialiste.

Dès l'enfance, il va habiter Paris et fait ses études au lycée Condorcet. Ses premiers écrits, vers 1881, le montrent comme un amoureux de la Science, en particulier, de la physique et de la chimie et collabore à de nombreux périodiques de vulgarisation scientifique. Il milite dans les milieux anarchistes se revendiquant comme anarchiste-socialiste.

En 1893, il fait découvrir l'anarchisme à Fernand Pelloutier (futur créateur de la Fédération des Bourses du Travail). En 1895, Hamon publie une enquête sur les anarchistes de l'époque « Psychologie de l'anarchiste-socialiste » dans laquelle on peut lire :

« Le caractère le plus important de toute mentalité anarchiste est l'Esprit de Révolte. Alors que cette tendance existe, latente, chez tous les hommes et s'atrophie le plus souvent sous l'influence des milieux, chez les anarchistes elle est, dès l'origine, très prononcée. Les milieux ne font que l'exacerber ».

Le 27 juillet 1896, il participe au « Congrès international ouvrier socialiste » à Londres, qui se termine six jours plus tard par l'exclusion des anarchistes par les marxistes. Augustin Hamon relatera ces événements dans « Le socialisme et le Congrès de Londres ». Il est également l'auteur de « Les hommes et les théories du l'anarchie » (1893), « Patrie et Internationalisme » (1896), « Un Anarchisme, fraction du socialisme » (1896), etc.

Il crée en 1897, la revue libertaire « L'Humanité nouvelle » et collabore au journal de Jean Grave « Les Temps Nouveaux ». Il fut aussi traducteur et pédagogue libertaire, donnant des cours libres aux universités de Paris, Londres et Bruxelles.

Il fut de toutes les luttes sociales de son temps, du féminisme à l'antimilitarisme, de l'hygiénisme à l'antiparlementarisme mais il s'éloignera des conceptions libertaires et deviendra socialiste, membre de la S.F.I.O des Côtes-du-Nord. Il meurt le 3 décembre 1945.

Enregistrement fait et transmis le 12/01/2020 | Dite par Dan


21 Janvier



Le 21 janvier 1883, naissance de Victor PENGAM à Brest. Militant anarchiste, syndicaliste révolutionnaire et coopérateur.

Orphelin très jeune, il est placé aux pupilles de la Marine, puis à 14 ans entre comme apprenti à l'arsenal. A vingt ans, il créé une section de la Jeunesse Syndicaliste. Le 5 octobre 1905, il organise une fête des conscrits, interdite par le préfet maritime. Le 21 janvier 1906, il est traduit devant la Cour d'assises du Finistère. Il est acquitté, mais exclu de l'Arsenal pendant cinq mois. Durant son service militaire (qui dure alors 3 ans) il donne des cours d'alphabétisation et lutte contre l'alcoolisme.

En 1909, de retour à la vie civile, il milite au sein de l'Union départementale des syndicats, et est aussi actif au sein de « l'Université populaire » et dans un « Groupe d'études sociales ». Il intégrera également le secrétariat général de la « Bourse du travail ». En 1912, son action en tant que syndicaliste révolutionnaire en particulier sa participation aux luttes contre la vie chère, lui vaudront un nouveau procès, il y sera de nouveau acquitté. Il fonde la même année le « Groupe des Pupilles de la Maison du Peuple ».

En 1913, il abandonne, ses activités à la Bourse du travail pour se consacrer à l'éducation d'une centaine de ces pupilles, organisant pour eux de nombreuses activités culturelles, sportives ou musicales. Il crée même une fanfare qui défilera les 1er mai en interprétant notamment « l'Hymne au 17e » et « l'Internationale ».

Mobilisé en 1914 dans l'infanterie coloniale, il est blessé à deux reprises et y contracte la tuberculose. A partir de 1917, réformé suite à ses blessures, il assurera dès lors l'administration du « Restaurant coopératif de l'arsenal ». Il succombe de la tuberculose en ce début mars 1920, âgé de seulement 37 ans.

Enregistrement fait et transmis le 15/01/2020 | Dite par Dan


22 Janvier



Le 22 janvier 1825, naissance d'Ernest COEURDEROY, à Avallon (Yonne). Écrivain, socialiste puis anarchiste.

Ernest Cœurderoy fait ses études à Paris puis à Tonnerre. Diplômé en médecine en 1845, il devint interne des hôpitaux de Paris. Lors de la révolution de 1848, il adopte des positions des plus radicales. Au début de 1849, il entra au comité central du Comité démocratique socialiste des élections, ainsi que du Comité des Étudiants. Il en démissionna en avril. La même année, suite à ses prises de positions, il est contraint à l'exil en Suisse d'où il est expulsé en 1851. Il se réfugie à Bruxelles, puis à Londres. Il décrira plus tard cette expérience dans « Jours d'exil ».

En septembre 1852, parait « De la révolution dans l'homme et dans la société ». Durant les années 1853-1854, Coeurderoy voyage en Espagne, puis en Italie où il publie, à Turin « Hurrah! Ou la révolution par les Cosaques ». D'autres livres annoncés ne seront jamais publiés. En 1855, il épousa la fille de Germain Rampont-Léchin, ancien représentant démocrate de l'Yonne à la Constituante.

Malade, il se déplace encore en Europe, propagandiste de la Fraternité et de la résistance à l'oppression. Installé en Suisse, dans le canton de Genève, il s'y suicide en octobre 1862, dans une crise de dépression nerveuse ou de folie, après avoir refusé l'amnistie de 1859.

Cœurderoy était en fait un solitaire. Il combattait vivement les chefs républicains et socialistes dont il rendait les ambitions et les dissensions responsables de la défaite de la révolution de 1848. Sous la triple influence de Fourier, de Pierre Leroux et de Proudhon, son système était une «  synthèse de collectivisme et de mutuellisme libertaires ». Il réclamait la propriété collective des moyens de production, le libre accès pour tous aux instruments de travail, la propriété individuelle et l’échange mutuel des produits du travail.

Enregistrement fait et transmis le 15/01/2020 | Dite par Dan


23 Janvier



Le 23 janvier 1945, mort de Georges GOURDIN, au camp de concentration d'Ellrich (Thuringe, Allemagne). Militant syndicaliste et anarchiste, résistant mort en déportation.

Fils d'un militant communiste dissident, fiché au Carnet B, Georges Gourdin est né le 11 avril 1915 à Livry-Gargan (aujourd'hui en Seine-St-Denis). Dessinateur industriel chez Westinghouse à Sevran, il était membre de la Fédération des techniciens de la CGT et militait également au sein des Jeunesses Anarchistes et de l'Union Anarchiste (UA) où il était secrétaire du groupe de Montfermeil.

En mars 1937, il organise à Noisy-le-Sec sous l'égide du « Comité Espagne Libre » une projection de films produits par la CNT espagnole, projection à laquelle assiste Emilienne Morin (compagne de Durruti). En 1938 et 1939 il se charge avec Marcel Guennec et Ringeas de la page « Le Libertaire syndicaliste » adjointe au « Libertaire ». En mars 1938, il est l'administrateur de « L'Exploité », éphémère publication des groupes d'usine de l'Union Anarchiste. En novembre 1939, il collabore au bulletin « Notre syndicalisme ».

Pendant la guerre, et l'occupation, il participe au réseau anarchiste de la région parisienne et au groupe Henri Bouyé, et œuvre à l'unification des deux tendances organisés de l'anarchisme d'avant guerre « Union Anarchiste » et « Fédération Anarchiste Française ». Parallèlement il participe aux actions de la CGT clandestine visant à noyauter les Chantiers de jeunesse de Vichy et intègre le réseau Libération Nord, où il se charge de la confection des faux papiers et de l'armement pour la région parisienne. Il apportera ainsi de l'aide à de nombreux compagnons en difficultés leur permettant d'échapper aux recherches des polices française et allemande.

Le 8 mai 1944, lors d'une réunion à Paris, il est arrêté par la Milice, et remis à la Gestapo qui le torture. Détenu à Fresnes jusqu'en août 1944, puis est déporté le 15 août vers l'Allemagne. Il y meurt au camp d'Ellrich, le 23 janvier 1945.

Enregistrement fait et transmis le 15/01/2020 | Dite par Dan


24 Janvier



Le 24 janvier 1911, exécution par pendaison de Shusui Denjiro KOTOKU, à Tokyo. Une des figures les plus marquantes de l'anarchisme japonais.

Fils d'un pharmacien, il naît le 22 septembre 1871 à Nakamura (Japon). Il effectue des études de médecine. D'abord disciple du rousseauiste japonaisTsomin Nakae, il évoluera ensuite vers le socialisme puis l'anarchisme.

En 1901, journaliste et écrivain, il publie son premier livre « L'impérialisme, monstre du 20e siècle », puis en 1903 « L'essence du socialisme ». Il crée avec Toshihito SAKAI l'hebdomadaire « Heimin Shimbun » (La Plèbe ou Journal du Peuple), mais ce journal est interdit suite à un de ses articles contre la guerre Russo-japonaise.

En 1905, Kotoku est emprisonné durant cinq mois pour propagande subversive et c'est là qu'il découvre l'anarchisme, à la lecture d'un texte de Pierre Kropotkine. Libéré, il part aux États-Unis où il prend contact avec des anarchistes. De retour au Japon en 1906, il réédite le journal « Heimin Shimbun », et traduit la « Conquête du pain » (Pan no Ryakushu) de Kropotkine. En 1907, il mène, malgré la répression, une active propagande : outre le journal « Heimin Shimbun » qui sera interdit, il crée la revue « Yaradsu Chohu » (Action Directe) et milite pour la création de syndicats à travers des tournées de propagande. Mais, en 1908, la répression s'intensifie encore et de nombreux anarchistes sont jetés en prison. Kotoku continue à écrire des essais qui dénoncent le militarisme ou qui démontrent l'inexistence du Christ.

Mais en 1910, face au développement du mouvement libertaire, le gouvernement prétextant un complot contre l'empereur fait emprisonner 24 anarchistes. Kotoku est quant à lui arrêté en août alors qu'il tentait d'embarquer pour aller assister en Europe au Congrès socialiste international de Copenhague. Le 18 janvier 1911, un procès sommaire en condamne douze à la pendaison, dont Kotoku et sa compagne Sugo Kanno, les autres prévenus seront emprisonnés à vie.

Enregistrement fait et transmis le 16/01/2020 | Dite par Miyette


25 Janvier



Le 25 janvier 1901 à Paris, mort d'Hippolyte Prosper Olivier LISSAGARAY. Socialiste, républicain ; un « en-dehors » qui ne s'engagera ni pour l'Internationale, ni pour aucun autre parti, bien que ses sympathies aillent des Blanquistes anticléricaux, aux anarchistes, et à son ami Amilcare Cipriani.

Il est né le 24 novembre 1838, dans une famille basque. En 1860, il s’installe à Paris après un voyage en Amérique. Il dirige une société littéraire à but non lucratif du type des Entretiens et Lectures6 d'Albert Le Roy. Lissagaray et Juette deviennent les fondateurs des conférences publiques avec les conférences de la rue de la Paix. Il écrit une Revue des études littéraires destinée aux scolaires. Il s'engage contre l'Empire et publie, en 1868, à Auch, le journal « l'Avenir ». Engagement qui lui vaudra de nombreuses condamnations.

A la chute de l'Empire, il est nommé par Gambetta, commissaire de la guerre, à Toulouse. Le 18 mars 1871, il participe à la Commune de Paris, et combat sur les barricades lors de la « semaine sanglante ». Il écrira « Huit journées de mai derrière les barricades », publié fin 1871 à Bruxelles où il trouve refuge, avant de s'exiler en Angleterre. A l'amnistie de 1880, il rentre à Paris où il continue son combat en créant le journal « La bataille ». Un combat ponctué de condamnations et de duels.

Mais Lissagaray est surtout l'auteur de « Histoire de la Commune de 1871 ». Un livre remarquable, édité en 1876, et immédiatement interdit en France :

« La dernière barricade des journées de mai est rue Ramponneau. Pendant un quart d'heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais arboré sur la barricade de la rue de Paris. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s'échapper. »

Enregistrement fait et transmis le 18/01/2020 | Dite par Dan


26 Janvier



Le 26 janvier 1924, naissance de Dante Sauveur Armand GATTI (dit Armand GATTI), à Monaco. Écrivain, cinéaste et dramaturge libertaire.

Armand fait des études au petit séminaire à Cannes, puis au lycée de Monaco d'où il se fait renvoyer. Il prépare son baccalauréat en effectuant des petits boulots et crée sa première troupe de théâtre. En 1942, Armand s'engage dans la résistance et part dans le maquis en Corrèze. Arrêté en 1943, il est condamné à mort à Limoges, mais il est finalement déporté dans un camp de travail en Allemagne, à Lindemann, près de Hambourg, d'où il s'évadera. Il rejoint l'Angleterre, où il s'engage dans un régiment de parachutistes puis participe à la Libération d'Arnheim (Pays-Bas).

En 1945, il entre d'abord comme journaliste au « Parisien Libéré ». Il reçoit le prix « Albert Londres » en 1954, avant de se consacrer au théâtre avec les encouragements de Jean Vilar, et au cinéma.

En 1960, il réalise le film « L'Enclos ». En 1963 son film « El otro Cristobal » représente Cuba au festival de Cannes et obtient le prix de la critique. Sa pièce « La passion du général Franco », écrite en 1965, sera interdite en France en 1968, sous la pression de l'Espagne Franquiste. En 1966, il fait la mise en scène de « Chant public devant deux chaises électriques ».

En 1969, il s'installe à Berlin où il monte « L'interdiction de la passion du général Franco » qui sera suivie par de nombreuses autres pièces. En 1975, il est de retour en France. En 1980, sortie des premières versions de « La Parole errante » confrontation des trajets de tous les Gatti ayant existé, avec l'histoire, l'utopie et l'écriture. En 1986, au Théâtre du Monument National à Montréal, il met en scène son texte « Opéra avec titre long », puis il dirige l'écriture de « Ulrike Meinhof » à Vienne. En 1987, il installe, avec sa compagne Hélène Chatelain, « La Parole Errante » à Montreuil qui devient un centre international de création.

Enregistrement fait et transmis le 21/01/2020 | Dite par Miyette


27 Janvier



Le 27 janvier 1842, naissance de François DUMARTHERAY à Collonges, Haute-Savoie. Membre de l'Internationale et militant communiste anarchiste.

Dumartheray fut garçon de café, puis représentant de commerce — par la suite plombier à Genève (il se déclara aussi « lampiste ») et classé par la police comme lithographe.

Après la disparition de la plupart des sections lyonnaises, en 1868, une Commission d’initiative fut chargée, fin 1869-début 1870, de la réorganisation de l’Internationale. Le 13 mars, Dumartheray fut nommé membre de la commission fédérale de quinze militants qui succéda à la commission d’initiative. Il était prévu que cette commission serait renouvelée annuellement en assemblée générale ; deux délégués par corporation adhérente devaient être adjoints aux quinze membres élus.

Arrêté et condamné en mai 1870, pour son appartenance à l'Internationale, il sera amnistié en septembre à la proclamation de la république à Lyon. Il se réfugie en Suisse, à Genève. Il y sera le délégué de la section genevoise « l'Avenir » au Congrès de l'internationale anti-autoritaire en septembre 1873, et à ceux qui suivront.

En février 1876, il publie la brochure « Aux travailleurs manuels partisans de l'action politique », texte qui, pour la première fois, aborde le terme de « communisme anarchiste ». En octobre, il fut délégué du Cercle d’études sociales de Genève au congrès de Berne de l’AIT. En 1877, il participe à la constitution d'une Fédération française anti-autoritaire qui tiendra son 1er congrès à la Chaux-de-Fonds. En février 1879, avec Kropotkine et Herzig il fonde à Genève le journal « Le Révolté », propagandiste du communisme libertaire qui sera adopté par la Fédération Jurassienne à son congrès du 9 et 10 octobre 1880. A l'amnistie de 1880, il ne rentre pas en France et reste à Genève, où il résidait encore en 1927.

Il meurt en septembre 1931.

Enregistrement fait et transmis le 18/01/2020 | Dite par Dan


28 Janvier



Le 28 janvier 1995, mort de Georges WOODCOCK. Écrivain canadien et historien du mouvement anarchiste.

Jeune, il étudie en Angleterre, à la Sir William Borlase School et au Morley College. De famille modeste, il gagne une bourse pour aller à Oxford, mais abandonne pour suivre une formation religieuse. Il travaille ensuite dans l'administration de la Great Western Railway, c'est au contact des ouvriers des chemins de fer qu'il commence à s'intéresser à l'anarchisme.

Puis il devient écrivain, et éditeur. Il a publié un nombre important de livres, articles, poésies, sans oublier les biographies de Godwin, Proudhon et Kropotkine. A commencer par l’ouvrage « L’anarchisme, une histoire des idées et mouvements libertaires » considéré aujourd’hui comme un classique de l’histoire de l’anarchie (traduit en français en 2019). Écrit dans les années 1960 puis revu et augmenté entre 1985 et 1989, ce livre offre le récit de l’une des plus grandes aventures des XIXe et XXe siècles, celle de l’anarchie. Woodcock y raconte le mouvement, ses victoires, ses défaites, mais il y expose surtout les idées des principales figures qui ont façonné la pensée libertaire, de William Godwin à Emma Goldman. Au-delà de l’engagement intellectuel, politique et moral de ces personnages historiques plus grands que nature, L’anarchisme brosse un portrait vivant de leur combat et des profonds idéaux de liberté qui n’ont jamais cessé de l’animer.

Woodcock a été nommé pour plusieurs prix et récompenses dont une bourse de la Société royale du Canada en 1968, deux médailles de l'UBC pour « Biographie populaire » en 1973 et 1976 et un prix Molson en 1973. Il refuse plusieurs récompenses offertes par l'État dont l'ordre du Canada9 et accepte les honneurs qu'il considère comme venant de ses pairs.

Enregistrement fait et transmis le 22/01/2020 | Dite par Miyette


29 Janvier



Le 29 janvier 1910, naissance de Maurice JOYEUX, à Paris. Figure marquante de l'anarchisme français.

Il milite très jeune et s'engage au Comité des Chômeurs dont il deviendra le secrétaire. Il raconte leurs premières actions dans le livre « Consulat Polonais ». L'attaque de ce Consulat lui vaut 1 an de prison, en 1933. Il adhère à l'Union Anarchiste en 1935, et est condamné à six mois de prison pour violence à agents. En 1936, il participe aux occupations d'usines et anime le Front Révolutionnaire. 1938 : encore six mois de prison pour violences. Réfractaire à la guerre, il est arrêté en 1940 et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à Montluc, il s'évade après avoir fomenté une mutinerie (sujet du livre « Mutinerie à Montluc », édité en 1971), mais il sera repris et finalement libéré en 1944.

Dès la libération, il s'emploie à la reconstruction de la Fédération Anarchiste et à l'édition du « Libertaire ». Il milite aussi activement dans le syndicat (CGT-FO) et ouvre une librairie à Paris « Le Château des brouillards ».

En décembre1953, c'est la scission. Georges FONTENIS, qui avait crée « l'Organisation Pensée Bataille » (O.P.B) à l'intérieur même de la Fédération Anarchiste, provoque son éclatement en plusieurs nouvelles organisations (dont la F.C.L., Fédération communiste libertaire). Mais Maurice joyeux reconstruit la F.A autour du nouveau journal « Le Monde Libertaire » et de sa librairie qui verront le regain des idées libertaires, suscité par mai 68. Avec sa compagne, Suzy Chevet, et le « Groupe Louise Michel », il crée « La Rue », revue d'expression culturelle libertaire.

En 1981, il est le premier invité de Radio Libertaire (radio libre de la F.A, à Paris). Il meurt le 9 décembre 1991. Il nous laisse, outre divers ouvrages théoriques, deux livres de souvenirs « Sous les plis du drapeau noir », et « Souvenirs d'un anarchiste ».

Enregistrement fait et transmis le 18/01/2020 | Dite par Dan


30 Janvier



Le 30 janvier 1940, naissance de Denis LANGLOIS à Etrechy (Ile de France). Avocat, écrivain libertaire et pacifiste.

Insoumis au service militaire, il est condamné à six mois de prison. Il décrira cette expérience dans son premier livre « Le cachot ». De 1967 à 1971, il travaille comme conseiller juridique à la « Ligue des Droits de l'Homme », et sera observateur pour celle-ci lors des nombreux procès politiques en Afrique et Grèce, d'où il est expulsé en 1969 (voir son livre « Panagoulis, le sang de la Grèce »).

Il publie par la suite divers ouvrages « Les dossiers noirs de la police française » (1971), « Le guide du militant », « L'injustice racontée aux enfants » (1978), « Les partageux ne meurent jamais » (1992), « L'utopie est morte ! Vive l'utopie! » (2005), etc. Il écrit également plusieurs romans « Un assassin très ordinaire » (1978), « La révolution » (1985), « L'affaire Seznec » (1988). Il poursuit parallèlement sa carrière d'avocat, sans illusion sur la machine judiciaire et avoue, de plus, avoir du mal à demander des honoraires aux personnes qu'il défend.

Pendant la guerre du Golfe, il organise, avec d'autres intellectuels, les manifestations (souvent interdites) de refus de la guerre. Il apporte aussi son soutien aux militants des minorités linguistiques en France, notamment aux Basques et Bretons, poursuivis par l’État jacobin.

« De toute façon, avoir participé à des combats n'a jamais été une preuve de moralité ou de sincérité. Il y a des héros qui sont des salauds et des types bien qui ne prendront jamais les armes . Je comprends qu'on ne veuille pas tuer d'autres hommes ou qu'on ne puisse pas le faire. Je n'ai jamais analysé cela comme un manque de courage. Je crois que la révolution a besoin de toutes les énergies, de toutes les sincérités. »

Enregistrement fait et transmis le 26/01/2020 | Dite par Miyette


31 Janvier



Le 31 janvier 1899, naissance d’Aristide Lapeyre à Monguilhem (Gers). Militant libertaire, anarcho-syndicaliste, libre-penseur, anticlérical, pacifiste et antimilitariste

Fils d’un cultivateur devenu facteur des postes, Aristide Lapeyre ne poursuit pas ses études au-delà du certificat d'études. Il part pour Bordeaux et ensuite pour Paris où il rencontre un militant anarchiste qui lui fait fréquenter « La Ruche », l'école libertaire fondée par Sébastien Faure.

En 1926, avec ses frères Laurent et Paul, il est un des artisans de la constitution de la CGT-SR. À partir de mars 1929, il publie un brûlot anticlérical « Lucifer », organe de pensée libre et de culture individuelle, fonde une maison d'éditions du même nom, puis édite le journal « La Révolte », organe anarchiste du Sud-Ouest ». À partir de juillet 1936, il fait la navette entre la Catalogne, l'Aragon et la France. Il contribue au soutien effectif des combattants de la CNT et de la FAI et popularise, en France, la révolution espagnole.

Dès le début de l'occupation allemande, il organise en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne, deux chaînes de passage de la ligne de démarcation pour des juifs et des réfractaires. En octobre 1941, à la suite d'un attentat contre un officier allemand, il est arrêté par les services de police et détenu comme otage au camp de Pichey-Beaudésert près de Bordeaux. Il en sera libéré en 1943. Après la Seconde Guerre mondiale, il participe à la reconstruction du mouvement libertaire et il est parmi les refondateurs de la Fédération anarchiste.

Antireligieux et anticlérical, il est aussi un militant néomalthusien de longue date. Il se bat pour le droit à l'avortement n'hésitant pas à en pratiquer lui-même. Il est condamné le 19 juin 1973 à cinq ans de prison à la suite du décès accidentel d'une patiente, deux ans seulement avant la promulgation de la loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse. Il meurt le 23 mars 1974.

Enregistrement fait et transmis le 22/01/2020 | Dite par Miyette
http://www.ephemanar.net/janvier02.html
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Ok : récupérée/montée/uploadée et programmée
Bon, ben je suis désolée, Dan, j'ai vraiment essayé de l'intégrer dans l'habillage dont tu as transmis le modèle, mais je dois me rendre à l'évidence, pour l'instant en tout cas ce n'est pas à ma portée.

Voici un 26 janvier nu comme un ver, donc.

https://framadrop.org/r/FQ-7TYnZ2p#dWu2/yY+lDH9PlC...
Récriminer n'est pas proposer
Miyette a dit...

Bon, ben je suis désolée, Dan, j'ai vraiment essayé de l'intégrer dans l'habillage dont tu as transmis le modèle, mais je dois me rendre à l'évidence, pour l'instant en tout cas ce n'est pas à ma portée.

Voici un 26 janvier nu comme un ver, donc.

https://framadrop.org/r/FQ-7TYnZ2p#dWu2/yY+lDH9PlC...


Ok : récupérée/montée/uploadée et programmée

Concernant le modèle, quelle est la difficulté que tu as rencontrée ?
Ben je crois surtout que je l'ai pris un peu à la root's, j'ai pas beaucoup de temps de dispo en ce moment, mais je te promets de rééssayer dès que je vois un peu plus venir, et je te dirais plus précisément s'il me reste des obstacles.

J'ai un soucis par rapport à l'amplification, c'est que quand j'ai demandé de l'aide autour de moi, on m'a dit qu'il n'y avait pas de règle, que ça dépendait du volume et de la qualité d'enregistrement. Du coup je suis un peu perdue encore...

Sinon rien à voir, mais j'ai écouté l'Éphéméride de ce matin, et le volume m'a semblé excessif, non?
Récriminer n'est pas proposer
Arghhh!
Bon, bha ça m'est vraiment très difficile.
28 Janvier

https://framadrop.org/r/oMy4mkSj3t#F/RPGhk/klE8ZI1...

Et du coup voilà aussi le nu :

https://framadrop.org/r/7bCW1EMBQc#ujGMhXZBeT36XZH...

S'il vaut mieux que je refasse tout l'enregistrement, dis toujours, je peux rééssayer, mais je me sens très très nulle, là, ça m'ôte le peu de moyens que j'avais... ou que je croyais avoir Happy
Récriminer n'est pas proposer
Miyette a dit...

Arghhh!
Bon, bha ça m'est vraiment très difficile.
28 Janvier

https://framadrop.org/r/oMy4mkSj3t#F/RPGhk/klE8ZI1...

Et du coup voilà aussi le nu :

https://framadrop.org/r/7bCW1EMBQc#ujGMhXZBeT36XZH...

S'il vaut mieux que je refasse tout l'enregistrement, dis toujours, je peux rééssayer, mais je me sens très très nulle, là, ça m'ôte le peu de moyens que j'avais... ou que je croyais avoir Happy


Ok : récupérée/montée/uploadée et programmée

(re)Montée car :
- pas le bon fond sonore,
- pas de ré-amplification du fond quand pas de voix,
- trop d'espacement entre les éléments parlés.
Dan d'Auge a dit...



Ok : récupérée/montée/uploadée et programmée

(re)Montée car :
- pas le bon fond sonore,
- pas de ré-amplification du fond quand pas de voix,
- trop d'espacement entre les éléments parlés.


Ha, ok, bon je rééssaierais plus tard alors.
Mais pour le fond sonore, je comprends pas, j'ai pris le dernier modèle que tu venais de mettre?
Récriminer n'est pas proposer
30 Janvier tout nu

https://framadrop.org/r/EEkATURl14#E/GvDRgNx6i42YB...
Récriminer n'est pas proposer
Le 31 Janvier

https://framadrop.org/r/84GjETZMe2#+TgI9eEI9z89WEz...
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Miyette a dit...

Ha, ok, bon je rééssaierais plus tard alors.
Mais pour le fond sonore, je comprends pas, j'ai pris le dernier modèle que tu venais de mettre?

En 2020, chaque mois aura un fond sonore différent, récupérable là : https://www.thechangebook.org/lephemerideanarchist...

Le modèle proposé est basé sur février avec le fond ad-hoc. Comme tout modèle, celui proposé est fait pour être modifié.
Dan d'Auge a dit...


En 2020, chaque mois aura un fond sonore différent, récupérable là : https://www.thechangebook.org/lephemerideanarchist...

Le modèle proposé est basé sur février avec le fond ad-hoc. Comme tout modèle, celui proposé est fait pour être modifié.


Oups... Ok, pardon, je retourne apprendre à lire Wink
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Ok : récupérée/montée/uploadée et programmée