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Dans cette "Lettera ai compagni", publiée sur Carmilla on line le 7 Septembre 2019, Cesare répond aux réactions qui on pu lui être rapportées suite à sa déposition du 23 mars 2019.

Vous en trouverez ci-après une traduction. Merci, si vous êtes en mesure de le faire, de la vérifier, ou de la prendre avec précaution dans le cas contraire. En effet, la maxime selon laquelle "traduire est toujours un peu trahir", outre les faux frères fréquents entre l'italien et le français, prend d'autant plus de sens dans une situation comme celle là.

Lettre aux camarades


traduction de la lettre publiée sur le 7 septembre 2019 sur Carmilla on line


On me demande s’il était vraiment nécessaire de m’assumer les responsabilités politiques et pénales, en somme la déclaration au procureur de Milan ? Je me demande ce qui motive les personnes qui posent cette question ? Parce que si je savais exactement ce que l’on attendait de moi, il me serait alors plus facile de me mettre à leur place et peut-être trouver quelque bonne raison, qui sans doute ne manque pas, de douter de la pertinence ou non de ma décision.

Je voudrais sincèrement leur répondre, non seulement parce qu’ils le méritent mais aussi parce que je considère que c’est mon devoir de camarade, mais combien d’entre eux peuvent vraiment se mettre à ma place ? C’est à dire, comme faire pour expliquer ou j’en suis aujourd’hui, sans pouvoir dire que c’est le résultat du cumul des dernières quarante années, en particulier depuis février 2004 en France, jusqu’au 23 Mars à Oristano ?

Prenons seulement ces quinze dernières années. Elles ont été un enfer ininterrompu, entre les années de prison, les arrestations rocambolesques, les énormes dépenses d’énergie personnelle et des forces solidaires, une persécution sans pitié, sans réserve et jamais vue auparavant. Elles m’ont vu plus d’une fois abandonner maison, famille, jeté à la rue, renvoyé de mes emplois quand j’en trouvais, à cause d’une opinion publique empoisonnée par une propagande médiatique sans scrupules, destinée à me désarçonner chaque fois que je réussissais à m’agripper à l’espérance d’une vie normale. Ne parlons pas des graves problèmes financiers, je risquerais d’être pathétique.

C’est pour ça que je me demande si, avec une telle persécution, qui a dépassé l’imagination tant en moyens qu’en durée, il est possible que ces bonnes têtes de compagnons clairvoyant aient réussi à résister à l’avilissement de la désinformation, sans se laisser atteindre eux aussi, inconsciemment, modérément, comme le marteau qui, à force de battre, fini par avoir raison du clou, par une telle organisation scientifique du mensonge ?
Parce que, si cela n’est pas le cas, comme expliquer alors que ces camarades exigent de moi exactement ce qu’attendent l’opinion publique, les loies, l’institution ?

Le « mythe Battisti » a été crée pour l’abbattre, ça peut se comprendre et c’est d’une logique implacable. Ce qui est incompréhensible en revanche, c’est que ce mythe soit repris également des camarades, un bon "mythe" à brandir au nom de la lutte révolutionnaire. Et peu importe que ce " mythe" soit fait de chair et d'os, qu'il ne puisse plus être martyrisé - martyr à agiter, selon les goûts, d'un côté ou de l'autre de la barricade.

Au fond, à qui aurais-je vraiment fait du tort, en assumant mes responsabilités par rapport à un procès définitif, archivé, diabolisé?
Je n’aurais pas dû dire la faillite de la lutte armée ? Et pourquoi ? Quelqu’un aujourd'hui peut honnêtement dire que la lutte armée était à faire, que ça en valait la peine ? (et ne confondons pas Mouvement et partis combattants) . J’ai pris cette décision parce que si je ne démystifiais pas le monstre, si je ne disais pas que je ne suis qu’un être humain, alors il aurait mieux valu qu’ils m’aient balancé de l’avion d’État.

Vous voulez avoir une idée claire de ce dont je devais me libérer ? Hé bien, demandez juste à vos compagnons de route, parents, connaissances quelconque, collègues, demandez-leur ce qu’ils pensent de Cesare Battisti et vous aurez la réponse de ce qui m’empêchait de respirer. J’ai avoué sans demander de réduction de peine, ça a été au contraire le commencement, et vous avez assisté juste ces jours-ci à la confirmation de la perpétuité de la part de la Cours d’Assise de Milan, laquelle a grossièrement légalisé un enlèvement en Bolivie. Une perpétuité par ailleurs unique dans le procès PAC !

La question à poser serait plutôt concrètement est-ce que cela en valait la peine ? Oui, indubitablement. (à part les omissions que j’ai laissé passé au moment de la signature à cause de la fatigue), parce que malgré le massacre, j’ai encore la volonté d’avoir un cerveau tout à moi, une chaise, et une table pour vous écrire, à vous, à la famille, et à tous ceux qui veulent encore lire.

J'ai écrit cela d'un seul jet, je ne ferai pas de corrections et, si on m'encourage, je pourrai raconter ensuite les coulisses de Ciampino, j’imagine que les médias ont vomi dessus.

La bise à ceux qui en veulent.







Dans une lettre publiée le 8 octobre dernier sur Carmilla on line, Cesare donnait quelques nouvelles, mentionnant notamment l'acquisition d'un ordinateur non connecté, réduit à l'état de machine à écrire, l'essentiel pour mettre enfin de l'ordre dans ses notes éparses.
Il y revenait également sur les circonstances qui ont produit les inévitables polémiques contre lui, y compris dans son propre environnement.

Cette lettre n'a pas encore été traduite.

En attendant, vous pouvez la retrouver en italien -> ICI <-