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Dans la lettre ouverte publiée le 6 novembre 2019 sur Carmilla on line, "Disinformazione" Cesare reprend point par point les contres-vérités et non dits contenues dans une tribune du 10 septembre sur "La Repubblica".

Vous en trouverez ci-après une traduction. Merci, si vous êtes en mesure de le faire, de la vérifier, ou de la prendre avec précaution dans le cas contraire. En effet, la maxime selon laquelle "traduire est toujours un peu trahir", outre les faux frères fréquents entre l'italien et le français, prend d'autant plus de sens dans une situation comme celle là, où, par dessus le marché, l'auteur trahi ne peut que difficilement s'en défendre.




Désinformation.



Traduction d'une lettre de Cesare publiée le 6 novembre 2019 sur Carmilla on line


Le journal La Repubblica du 10 septembre 2019, a voulu reproduire une partie de ma lettre à mes camarades, diffusée en premier lieu par Carmilla. Je tiens à remercier la rédaction de La Repubblica pour son attention, certains passages repris correspondent essentiellement au message que je voulais diffuser. Je me sens toutefois forcé de contredire certaines informations contenues en particulier dans le « commento », signé par M. Carlo bonini. Je regrette de le dire, parce que cela sonne polémique et que j’aurais préféré dialoguer dans un climat de compréhension, mais il semble que Monsieur bonini ait quelque difficulté à traiter l’affaire avec la distance et la sérénité dues par qui, comme lui, a la responsabilité, faisant autorité, d’informer le public, autrement dit de créer l’opinion.

Malheureusement, M. Bonini ne résiste pas à la tentation de reprendre le « jeu du massacre » usant des arguments habituels, fruit précisément des distorsions qu’ils ont alimentées, pendant toutes ces années : la désinformation à laquelle j’ai fait allusion dans la « lettre » et qui l’a mis en colère. C’est ce dont il s’agit dans le commentaire qu’il a signé.

Alors que Monsieur Bonini me traite de narcissique – Quel rapport, par ailleurs ? – et de menteur, il commet diverses désinformations. Voyons lesquelles.

1. Il parle de 37 ans de cavale. Il aurait dû toutefois dire, question d’éthique, qu’un fugitif est celui qu’on recherche sans savoir où il est. Cesare Battisti, en revanche, avait, pendant tout son exil, une adresse déclarée aux autorités du pays d’accueil et transmise par elles à l’ambassade d’Italie. Il avait des papiers délivrés par les autorités compétentes; avait de la famille, un travail déclaré, payait des impôts, avait une activité publique à laquelle les journalistes de La Repubblica avaient eu accès à volonté.

2. Il continue de m’appeler « Le terroriste ». Serait-ce que la particule EX ne lui vient pas (pour autant que ce soit l’appellation la plus appropriée à ma militance armée), ou bien le fait-il intentionnellement, ne pouvant résister à la tentation d’alimenter les doutes?

3. Il écrit également « jugement de complaisance et posthume sur la lutte armée ». Posthume oui, mais pourquoi omettre de préciser que déjà depuis 81 je me prononce contre la lutte armée – tout le monde le sait sauf lui? J’avais alors critiqué le choix armé du Mouvement et je n’ai cessé de le faire par la suite dans de nombreuses interviews, ainsi que dans le contenu de mes livres.
Ainsi, n’est-ce pas un peu tendancieux cette mention de «complaisance» de sa part ?

4. Il écrit aussi que j’aurais été « rendu étranger et detestable transversalement... même aux rares personnes qui avaient continué à le soutenir au long de sa cavale ». Je dirais que ce monsieur n’a pas la conscience tranquille. Sinon pourquoi tant d’efforts (« les quelques » dont il parle seraient en fait des centaines, entre partis, associations, etc.) pour tenter de retourner ma lettre contre moi? Comme s’il s’était trouvé quelqu’un, parmi tous ceux qui m’ont soutenu pendant l’exil – et non la cavale, je le répète – qui m’ait rejeté publiquement. D’où lui viennent ces conclusions ? Moi, au contraire, je peux citer des centaines de situations politiques et sociales qui me manifestent encore ouvertement un soutien inconditionnel.
Cela parce que l’innocence n’était absolument pas l’argument principal pour ceux qui m’ont donné asile, malgré la désinformation.

5. Il est également dit dans l’article que je me serais confessé dans l’espoir d’accéder aux « bénéfices* ». C’est faux. Il ne faut pas beaucoup de temps pour vérifier que dans ma condamnation à perpétuité plus six mois d’isolement diurne, ne figure absolument pas l’ « ostatif », c’est-à-dire l’article qui empêcherait l’accès aux « bénéfices ». Parce qu’à l’époque, tout simplement, cette mesure n’existait pas et la rétroactivité négative, si je ne me trompe, est inconstitutionnelle. C’est aussi un oubli, ou c’est intentionnel ?
6. « L’extradition légitime » de la Bolivie, écrit encore M. Bonini, sans dire à ses lecteurs où se trouve le mandat d’extradition que l’Italie aurait transmis à la Bolivie. Pourrait-il citer, à défaut, l’arrêt de la Cour de justice de Milan rendu le 17 mai de l’année en cours, où apparaîtrait la formule « extradé de Bolivie? » Il ne peut pas, parce qu’il n’existe pas de mandat, tout comme il n’y a pas eu d’extradition parce que pour qu’extradition il y ait, il aurait fallut une procédure légale d’extradition, laquelle aurait été refusée, parce que la loi bolivienne ne le permet pas pour des fait politiques et quand il y a prescription, comme c’est le cas pour mes condamnations.
Voilà pourquoi il s’agit d’un enlèvement. Voilà pourquoi une expulsion illégale a fomentée (voir la loi bolivienne à ce sujet), on m’a fait descendre de l’avion brésilien pour embarquer en toute hâte dans l’avion italien. La réalité documentée est celle là, et non le fruit des spéculations habituelles, des non-dits si chers à ceux qui s’offusquent du mot « désinformation ».

Je veux concéder la bonne foi aux journalistes de La Repubblica, à qui je reconnais aussi la dénonciation immédiate du misérable spectacle à l’aéroport de Ciampino.
Sans doute que cette fois ci ils n’avaient pas les bonnes sources. Mais, mais tout de même, voilà bien six « désinformations » contenues dans un article d’à peine une colonne !



*équivalent non trouvé en français. Se rapporte aux possibilités d’aménagements telles que la semi-liberté, le travail à l’extérieur, etc...