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La lettre qui suit, qui semble datée du 19 mai 2020, et publiée le 7 juin sur Carmilla on line, rapporte le refus à la demande de mise en [résidence surveillée(?)] du fait d'un état de santé qui semble laissé à l'abandon d'une façon préoccupante.



Merci de garder en tête que Traduire, c'est toujours un peu trahir. Si cette traduction suscitait des questions, elles seront les bienvenues. (réponses avec le décalage habituel)

L'ineffable plan de lutte contre la pandémie dans la prison d'Oristano




Traduction (traduire c'est toujours un peu trahir) d'une lettre de Cesare Battisti publiée quand à elle sur le site Carmilla on line.


Hier, le 18 mai, j'ai reçu le rejet de la demande de [domiciliation provisoire/Résidence surveillée (?)]. Bien sûr, nous nous y attendions, nous voulions juste avoir en main les motivations de ce rejet pour en tirer nos propres conclusions. Comme nous voulions le démontrer, les arguments utilisés par le tribunal de contrôle ne pouvaient être que, pour le moins, imprécis. Après tout, lorsqu'il y a volonté de justifier un acte discriminatoire, on ne peut avoir recours qu'à la mystification.

Nous savions que le rejet était inévitable, et les raisons en sont toutes à chercher dans l'utilisation politique qui continue d'être faite de mon cas : pouvez-vous imaginer, après tant de controverses sur les soi-disant "libérations", ce qui serait arrivé à Bonafede s'ils m'avaient renvoyé à la maison ? Peut-on mettre en péril l'emprise du gouvernement afin de préserver la santé de Battisti ?

Nous sommes dans une période où les injustices semblent ne plus surprendre personne. Cela ne veut pas dire qu'il faille toujours laisser courrir, et assister en silence à toutes sortes de monstruosités et d'abus. Dans le cas présent, ils ont été surpassés. Pour justifier cette énième discrimination, l'autorité judiciaire a glissé dans une superficialité inacceptable, liquidant la santé d'un citoyen par un sentence hasardeuse.

Mais venons-en maintenant aux véritables raisons invoquées par le magistrat de probation et qui ont motivé le rejet de ma candidature. Je cite : "...souffrant d'hépatite chronique HBV rapportée, en traitement pharmacologique avec une bonne réponse virologique ..." Ce "rapport" signifie-t-il que, jusqu'à présent, le service sanitaire de la prison d'Oristano n'a jamais effectué de diagnostic pour vérifier la présence du virus de l'hépatite B ? C'est peu probable, étant donné que l'antiviral m’est régulièrement administré. Un "rapport" mis en avant donc, qui sait, pour diminuer la gravité de la pathologie ? Passons.

Citant : "...Bronchite chronique... déficit obstructif de niveau moyen ; hyperuricémie avec arthropathie dyslagique gouteuse en traitement... montre de bonnes conditions générales avec un degré d'efficacité psychophysique selon Karnofsky égal à 100%...". Je ne connais pas M. Karnofsky, mais je suis sûr qu'il n'a jamais mis les pieds dans cet institut. Il faut donc qu’une autorité sanitaire moins exotique ait incité le magistrat superviseur à poursuivre sur ce ton : "...ses pathologies peuvent donc être traitées dans l'Institut avec recours à des structures extérieures...". Pour montrer l'efficacité des soins de santé, tant internes qu'externes, dans cette prison, permettez-moi de donner quelques exemples illustratifs.

En octobre dernier, j'ai demandé un examen urologique en raison d'un diagnostic d'hypertrophie de la prostate. Cela fait sept mois depuis lors. Je n'ai jamais entendu parler de l'urologue. Entre-temps, les symptômes se sont aggravés. Il y a quelques mois, un examen des selles a révélé des traces de sang. Un examen clinique approfondi, demandé par le spécialiste, est resté lettre morte jusqu'à aujourd'hui. D'autres demandes médicales d'égale gravité ont été accueillies par cette direction Avec le même désintérêt. Il faut dire que l'efficacité du service de santé dont le magistrat semble avoir la preuve, est souvent réduite à la prescription de Voltaren et de Tachiprina, remède à tous les maux.

Venons-en maintenant au fameux plan pandémie, je continue de citer : "...l'enquête préliminaire de la procédure a permis de constater... l'absence de contagion au sein de l'Institut et les mesures, ARTICLÉES ET PONCTUELLES, prises par la zone sanitaire figurant dans le "plan de gestion pour l'urgence sanitaire" à la maison d'arrêt d'Oristano le 27-04-2020 (voir document correspondant), le risque de contagion doit être considéré comme exclu...".

À ce stade, on peut sérieusement se demander si par hasard, dans cet Institut, il y a vraiment eu des interventions de prévention ou de vérification, comme allégué, et qu'alors, tant les détenus que les agents ne se seraient jamais aperçus qu’’aient été prise des mesures ARTICULÉES ET PONCTUELLES. Est-il possible qu'il y ait un "plan pandémie" fumeux, made in Oristano, et que cela soit passé inaperçu de tous ?

Ou bien les actes dont parle le magistrat font-ils référence à une éclaboussure d'eau de javel il y a quelques semaines ? Parce qu'ici, en somme, les masques et les gants sont interdits aux prisonniers par la direction, car ils cacheraient (sic) le visage et les empreintes digitales.

Nous avons vu des agent portant des masques faits maison à partir de vieux uniformes comme alternative aux uniformes jetables introuvables. Des prélèvements et autres tests pour détecter le virus, même pas la peine d'en parler. D'autre part, les consignes en vigueur consistent à éviter toute référence au Covid 19. Il n'y a jamais eu de bilan de santé général - personne n'est jamais venu nous demander comment nous nous sentions ; les détenus qui ont de la fièvre et qui toussent sont systématiquement renvoyés dans leur cellule avec l'inévitable pilule de tachipyrine. Se pourrait-il que ce soit là le fameux plan d'urgence mis en œuvre par cette administration ? Ou existe-t-il un autre plan si secret que personne ne l'a jamais vu ?

Que contiennent ces actes auxquels le magistrat se réfère et qui lui font dire qu'il n'y a pas de danger de contagion ? À moins qu'on ne nous ait administré un remède miracle à notre insu, qu'a-t-on dit au magistrat pour l'inciter à prendre une décision aussi hasardeuse ? Et si ce qu'il dit est vrai, à quoi doit-on l'envoi à domicile, en raison du virus, d’autres détenus de la prison d'Oristano ? À qui devrions-nous adresser ces questions, puisque le tribunal de surveillance les a commodément éludées ? Combien de personnes sont trompées et qui les manipule ?

C'est la motivation d'un rejet annoncé qui en dit long sur le manque de scrupules des autorités qui nous gouvernent. L'irresponsabilité derrière les barreaux est sans doute plus directe, plus brutale. Mais là denors, on joue avec la vie des travailleurs, et ils appellent ça la "reprise" - la reprise, c'est chic.

Il y a quelques siècles, Victor Hugo disait que si l'on veut savoir comment un pays fonctionne, il faut visiter ses prisons. Il y a quelques années seulement, un homme d'État éminent a déclaré : "plus rien de m'étonne, avec le cas Battisti, tout est permis ». Je dirais plutôt que c'est avec les gens sans défense, avec les damnés de la terre que tout est permis. Et j'en fais tout simplement partie. Y compris pour la possibilité radicale, celle de réussir, enfin, à se faire entendre.