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Voici la traduction d'une des toutes dernières lettres publiques de Cesare. Il y parle de la prison, de sa réalité empirique, du contraste avec le "jeu" médiatique politicien qui l'instrumentalise toute honte bue, de l'aveuglement populaire qui lui laisse détourner sa colère, pourtant légitime à l'origine, contre les pauvres ères qu'il agite sous son nez afin récolter ses voix. Il y parle de l'époque sujette aux jeux des désinformations intéressées qu'on voit partout en ce moment.

Pour rappel de la situation mise à jour, Cesare est actuellement soumis à une classification AS2 (haute sécurité). Une classification réservée normalement à une personne hautement dangereuse (40 années après les faits, d'une vie d'écrivain bien remplie avec plus d'une quinzaine de publications à son actif, toujours parfaitement intégré socialement malgré de constants obstacles).
Il est à l'isolement de fait depuis 16 mois à ce jour, étant le seul de ce régime spécial de sa prison.
À la demande de transfert vers la prison de Rome ou celle de Milan, plus près de son avocat et de sa famille, à été opposé un projet de transfert vers la Calabre, dans une prison dédiée au terrorisme islamiste.
- La visio-conférence, finalement concédée, pour voir son fils de 5 ans (qui vit au Brésil) est limitée à 10mn (ou 15?).
- Le repas chaud est toujours en option au choix avec l'heure de promenade de façon à interdire toute interaction avec les autres détenus qui partent manger à la même heure.
- Sa santé se dégrade. Une hépatite a été diagnostiquée, et il y a une suspicion de prostatite.
- Un régime alimentaire compatible avec son état de santé ne lui a pas été accordé, pas plus que le réchaud qui lui aurait permis de "cantiner" comme les autres détenus, de façon à pourvoir lui-même tant bien que mal aux exigences de la maladie en matière nutritive.
- Il rapporte également plusieurs situations d'intimidations préoccupantes venues entraver ses démarches pour obtenir des conditions de détentions plus dignes.


Merci de garder en tête que Traduire, c'est toujours un peu trahir. Si cette traduction suscitait des questions, elles seront les bienvenues.
Retrouver ici le texte d'origine en Italien : Siamo Uomini o caporali?


SOMMES-NOUS DES HUMAINS OU DES CAPORAUX ?


Cesare Battisti
Oristano, le 30 Juillet 2020



Être persécuté par un pauvre d'esprit comme Salvini suscite plus de peine que de colère. Peine pour ces personnes, malheureusement trop nombreuses, qui se réjouissent des bassesses habiles d'un homme qui, malheureusement pour la République, siège sur les bancs du Sénat. Peine encore pour l'ignorance générale concernant les conditions de vie réelles du prisonnier. Pour les ravages occasionnés par un justicialisme hypocrite et des scélérats qui se répandent sur les écrans de télévision ou les pages de certains journaux nationaux. On doit être attentifs aux mots qu’on prononce, disent les sages, car ils tuent. Et alors, il ne suffira plus d'être du bon côté des barreaux pour se croire à l'abri du massacre.
Puissent-ils y réfléchir ceux qui, bien qu’à juste titre en colère et saturés de tromperies, adoptent trop facilement le langage inapproprié des chacals habituels en quête de leurs votes.
Il est triste de voir à quel point l'expression de l'hôtel 5 étoiles pour les prisonniers est répandue : "la télévision l'a dit, bon sang, ça doit être vrai". il faut espérer qu'ils n'auront pas le malheur de se retrouver en prison. Triste période, où la désinformation attaque de manière à être absorbée avant même que le sens critique n'ait eu le temps de réagir. Il ne suffit donc plus de laisser pourrir le détenu en prison, il faut aussi le priver du droit à la parole. On ne sait jamais, il pourrait avoir quelque chose d'important à dire ou un sentiment à exprimer. On lui bâillonne bouche et cœur tandis qu’on laisse déblatérer ceux qui ont fait du système carcéral une mine d’or.



Rien de nouveau à l'Ouest, l'usine à délinquance a toujours existé, et aujourd'hui elle produit à plein régime. Et ceux qui se remplissent les poches sont souvent les premiers à crier au voleur. Ce n'est pas nouveau, nous devrions tous savoir que c’est ainsi que ça se passe au pays des truands. Et pourtant, nous entendons les honnêtes travailleurs, ceux qui ont toujours été trompés par le pouvoir, crier au loup avec les imposteurs. Qu’en est t’il de la bonne sagesse populaire ? Il est fini le temps ou on se disait que quand tous sont contre un seul, ça vaut peut-être la peine d’entendre le point de vue de celui qui est resté seul.
Se peut-il que nous soyons entrés à reculons dans une ère où il est incontournable de s'en prendre sans cesse aux plus infortunés ? Est-il si difficile de comprendre pourquoi même un pape est contraint de nous rappeler que nous sommes tous dans le même bateau ? Ou bien ces mots perdraient-ils leur valeur dans la bouche du prochain migrant à mourir en mer, ou dans celle d’un prisonnier condamné au pilori populaire ? En ce moment, même des personnes insoupçonnables se font l'écho de faux prophètes qui vendraient le pays pour rester en selle sur une politique prédatrice.

Mais revenons à l'affaire de la prison, celle qui a été transformée en laboratoire de manipulation par des politiciens véreux et des marchands de mots. Si les appels à la compassion ne sont pas entendus, qui sait si les chiffres ne le seront pas. Les données qui suivent sont celle du décret ministériel du 7 Août 2015 : Un détenu coûte à l’État environ 137 euros par jour. Ces frais, par contre, ne sont pas entièrement dévolus à couvrir les exigences personnelles des détenus. Plus de 80 % de ces 137 euros sont destinés au frais de personnel pénitentiaire, civils et police.
Le coût de chaque prisonnier est en pratique inférieur à 20,00 €. Ces vingt euros doivent couvrir les frais d'hygiène, de blanchisserie, de santé, de nourriture, de zone de traitement, de trousseau et une catégorie d'entretien non spécifiée. Nous n'avons pas de pourcentages relatif à chacune de ces rubriques, sauf pour la nourriture et l'équipement, qui se répartissent comme suit : petit déjeuner €. 0,27, déjeuner €. 1,09, dîner €. 1,37, pour un total de €. 2,73, entièrement remboursé à l'État par le détenu. Pour le kit d’équipement, il en résulte un total de 0,89 par jour, On se demande à quoi ça fait référence puisqu'il n'y a aucune trace des vêtements de l'Administration. Les 2,73 € pour l’alimentation quotidienne se passe de commentaire, c’est une honte. Sans parler du contorsionnisme de l'entreprise d'approvisionnement et de l'administration locale pour réduire encore plus les coûts, en utilisant des produits souvent destinés à la poubelle et, de toute façon, préparant moins de la moitié des repas, sachant que les détenus se contenteront de l'assiette habituelle de pâtes, achetée à la réserve fournie par la même entreprise. Dont les prix sont considérablement plus élevés que la moyenne nationale. Nous ne savons pas combien de ces moins de 20 euros sont destinés à l'hygiène. Pour donner une idée, dans cette prison, le prisonnier reçoit une fois par mois : quatre rouleaux de papier toilette, un savon, un chiffon et un litre de désinfectant dilué. Mais venons-en à la fameuse question qui devrait être l'épine dorsale, la mission (sic) par excellence de tout le système carcéral : la zone de traitement¹. Nous avons dit que sur les 137,00 € par jour alloués par l'État, seuls moins de 20,00 € sont destinés au prisonnier. Mais combien de ces presque 20,00 € sont destinés à l'objectif essentiel d'un système dit rééducatif ?
Personne ne le sait. Ou encore, tous les facteurs qui devraient intervenir dans la complexité du système de rééducation et de réinsertion du prisonnier dans la société sont tellement dispersés et indéfinis qu'un calcul précis est impossible. Autant dire que, à l'exception de rares institutions qui se sont notoirement distinguées dans l'accomplissement de leur mission, la zone de traitement dans la prison existe à peine sur le papier comme une forme de prérogative.



Le détenu est abandonné à son sort ou confié à la police pénitentiaire, dont la tâche, ce n'est pas sa faute, est de surveiller et de punir. Ce n'est là qu'un aspect, le plus évident, de la situation sordide , qui règne dans les prisons italiennes.
Abandonnés par une société civile mal informée, victimes de la vengeance et de l'incapacité de l'État à administrer la justice et la démocratie, les détenus se replient sur eux-mêmes pour survivre au châtiment impitoyable et aux persécutions. Ils s'organisent entre eux afin que même les plus malheureux aient de quoi se nourrir et résister aux déficiences du système. Et à la corruption généralisée, qui alimente l'animosité de ceux qui paient pour tout le monde et sont publiquement insultés. Le prisonnier se réfugie dans les codes ancestraux, parce qu’il ne lui est pas donné de connaître les différents outils pour affronter la vie avec dignité. La population détenue souffre en silence, tandis que les faiseurs d'opinion brandissent des figures terrifiantes. Ennemis numéro 1 de la société, disent-ils la bave aux lèvres, grâce auxquels la torture serait également justifiée. Ce sont toujours les mêmes à être brandis à la foule en colère.
On amplifie leur rôle criminel, donnant souffle aux chacals de tous les partis, lesquels ont fait disparaître le temps où ils festoyaient tous ensemble à la même table.
Voilà l'univers malsain du prisonnier, en guise d’hôtel cinq étoiles ! Dire que même les bêtes ne sont pas traitées de cette façon serait faire du tort à l'ours M49² qui passe par les fourches humaines ces jours-ci.
À propos des chacals. Si c’était un ennemi de classe qui avait insulté un communiste, ce serait une horreur. Mais s’agissant d’un caporal, cela fait seulement pitié.

Cesare Battisti




¹) Les établissements pénitentiaires doivent principalement remplir deux objectifs institutionnels : l'incarcération des détenus et leur rééducation, mise en œuvre par le service de la "zone de traitement", communément entendue comme l'ensemble des activités de formation et de loisirs fournies par une administration donnée dans un établissement pénitentiaire donné.

²) Note de la traductrice : L’Ours « M49 » ou « Papillon », est un ours fugitif multirécidiviste dont la dernière cavale remonte à ce 28 Juillet. Son évasion la plus spectaculaire fut de s'affranchir d'une clôture électrifiée, provoquant, le temps de sa cavale, l’émoi général, entre partisans de sa liberté ou de sa capture, ou ceux partisans de permettre qu’il soit abattu.
L'Ours, figure emblématique des peurs populaires ancestrales, faisait partie autrefois des "monstres" de foire, parce qu'on les "monstrait", les foules ayant plaisir à en éprouver la peur à moindre frais. Le genre de diabolisation exhibée, encore aujourd'hui, pour engranger les votes comme autrefois les écus...






Retrouver ici le texte d'origine en Italien : Siamo Uomini o caporali?











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(Traduction en français - retrouver l'original en italien à la suite)




ALLA PROCURA DELLA REPUBLICA D'ORISTANO (vf)

et p.c. à l'Office de surveillance (AC)


Le soussigné Cesare Battisti, né à Cisterna di Latina le 18 décembre 1954 et détenu à la Maison d'arrêt de Massama (OR), soumis au niveau de sécurité AS2 (pour terroristes), porte plainte contre la direction de cette institution pour abus de pouvoir ; non-respect du règlement pénitentiaire ; ou autres accusations prévues par les faits ci-dessous :
comme indiqué dans l'identification, le soussigné doit purger sa peine dans un service de sécurité AS2. Et pourtant, à son arrivée à Ciampino le 14 janvier 2019, il a été immédiatement transféré à la prison de Massama où il n’existe pas de département de sécurité qui lui est destiné. De janvier à juillet 2019, alors qu'il purgeait sa peine de six mois d'isolement de jour, le soussigné n'a pas jugé nécessaire de signaler l’anomalie. Cependant, après ces six mois et l'isolement forcé se poursuivant, de nombreuses plaintes ont été déposées auprès de cette direction, au bureau de surveillance et du ministère. Un an après le signalement de l'infraction, le maintien illégal en cellule d'isolement persiste. Aujourd'hui, 13 août 2020, et pour la deuxième fois, la première était en juillet, le commandant de cette prison me convoque pour me dire que je peux sortir de l'isolement (un an plus tard !) si j'accepte d’aller dans le quartier AS3, qui est d’ordinaire destiné aux prisonniers par association de type mafieux. Je souligne que les deux catégories sont non seulement extrêmement différentes, compte tenu du type de délit, mais aussi fortement incompatibles, étant donné l'adversité idéologique notoire des prisonniers politiques face aux gangs de type mafieux. En tout cas, il est surprenant que le Commandant de cet Institut demande pour la deuxième fois au soussigné de signer une décharge afin de ne pas prendre lui-même la responsabilité de mélanger imprudemment les niveaux de sécurité établis, sans que l'institution judiciaire ne soit intervenue pour changer la typologie du délit.

Massama 13 août 2020-08-20





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- Il rapporte également plusieurs situations d'intimidations préoccupantes venues entraver ses démarches pour obtenir des conditions de détentions plus dignes.











Retrouver ci après le texte d'origine en Italien :



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ALLA PROCURA DELLA REPUBBLICA DI ORISTANO


Cesare Battisti
Oristano, 13/08/2020




e p.c. all’Ufficio di Sorveglianza (CA)
Il sottoscritto Cesare Battisti, nato a Cisterna di Latina il 18 dicembre 1954 e detenuto presso la Casa di Reclusione di Massama (OR), sottoposto a livello di sicurezza AS2 (per terroristi) espone denuncia contro la Direzione di questo istituto per abuso d’ufficio; non rispetto delle norme penitenziarie; o altro capo previsti dai fatti qui di seguito:
come precisato nell’identificazione, il sottoscritto dovrebbe scontare la sua pena in un reparto di sicurezza AS2. Eppure, all’arrivo a Ciampino il 14 gennaio 2019 è stato immediatamente tradotto nella casa di reclusione di Massama dove non esiste il reparto di sicurezza a lui destinato. Da gennaio a luglio 2019, scontando la pena di sei mesi d’isolamento diurno, il sottoscritto non ha ritenuto necessario far rilevare lo strappo alla norma. Passati, però, questi sei mesi e continuando l’isolamento forzato, molteplici sono stati i reclami esposti a questa Direzione, all’Ufficio di Sorveglianza e al Ministero. Un anno dopo la segnalazione dell’illecito, persiste il mantenimento illegale nel reparto isolamento. Oggi 13 agosto 2020 e per la seconda volta, la prima è stata a luglio, il Comandante di questa prigione mi convoca per dirmi che posso uscire dall’isolamento (un anno dopo!) se accetto di andare a stare nel reparto AS3, destinato ordinariamente ai detenuti per associazione di tipo mafioso. Faccio notare che che le due categorie non sono soltanto estremamente differenti, data la tipologia di reato, ma anche fortemente incompatibili, data la notoria avversità ideologica dei prigionieri politici nei confronti di cosche mafiose. In ogni caso, sorprende che il Comandante di questo Istituto chieda per la seconda volta al sottoscritto di firmare un documento di consapevolezza, per non assumersi egli stesso la responsabilità di mischiare avventatamente i livelli di sicurezza stabiliti, senza che l’istituzione giudiziaria sia intervenuta a cambiare la tipologia di reato.
Massama 13 agosto 2020-08-20
Cesare Battisti













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SULLA PELLE DI PRIMO LEVI




“SOLO COLORO LA CUI UMANITA’ E’ STATA MESSA IN DUBBIO POSSONO INSEGNARE AGLI ALTRI L’UMANITA’”

Quello che mi ha subito incuriosito in questi carcere è stato il comune dire tra gli agenti, ma anche membri della direzione, che per ogni disgrazia c’è sempre lo zampino dei comunisti. All’inizio pensai che si trattasse di una battuta per prendere in giro me mimando Bolsonaro. Dovetti, però, ricredermi nel constatare che l’espressione dilagava e spesso non era diretta a me. Diventava così comunista qualunque detenuto rivendicasse un diritto, o anche il giornalista e il politico che alla televisione osasse parlare di tortura o che proponesse un progetto culturale. Il comico di queste flessioni antropologiche è che spesso lo sfortunato detenuto in questione confonde l’ideale comunista con l’ostia della comunione. Mentre per i suoi detrattori, sono comunisti tutti, salvo loro stessi e qualche leader a braccio teso. L’illusione che durante la mia lunga assenza dall’Italia la “minaccia”comunista si fosse ingigantita al punto da terrorizzare i bravi cittadini dell’ordine fu di breve durata. Non appena mi misero un televisore in cella, mi accorsi che questo era il comune modo di esprimersi di Meloni, Salvini e compari.

Un altro episodio curioso riguarda un tale che rimase una quindicina di giorni nel mio corridoio. Di solito, il reparto isolamento è tutto mio. Ma capita di tanto in tanto, questione di spazio, un ospite con cui scambiare due parole a distanza. Dalla voce sembrava piuttosto giovane. Da poco rientrato nel “bel paese” non feci caso all’accento straniero. Quando disse che era Togolese, mi colpì il dominio della nostra lingua. In seguito ebbi a notare anche un ottimo grado di educazione. In carcere si apprende subito ad essere discreti. Se uno ha voglia di raccontarsi, bene, ma non si chiede. Comunque non è facile farlo a gridi. Ma Charly, chiamiamolo così, si era convinto che io avessi la spiegazione a un fatto misterioso che gli era successo. Disse che l’avevano messo in isolamento perché voleva denunciare un abuso. Pensai alla solita prepotenza della direzione, invece mi sbagliavo. L’avevano isolato per proteggerlo dagli altri detenuti, il cui codice d’onore recita che solo gli infami ricorrono alla denuncia. Lui si sarebbe difeso dicendo che un codice simile esiste anche nel suo paese. “Ma che li sono gli stessi detenuti tutti uniti a far rispettare la giustizia. Mentre in Italia, che è un paese civilizzato ed ognuno pensa solo a se stesso, credevo che ricorrere alla legge fosse l’unica via. Non l’avessi mai detto…”. Dopo aver assistito allo sfogo di Charly, ho capito la ragione di un’altra espressione ricorrente tra gli Ispettori, quando si tratta di azzittire chi reclama un diritto, dicono ridacchiando: “Faccia denuncia, che aspetta a denunciare?”

Ma il carcere non è solo banalità e scherno. Qui i danni irreparabili sono provocati dall’attacco strisciante dell’Amministrazione Penitenziaria all’autostima e alla stabilità psichica del detenuto.

Così come si sfruttano i migrante nelle campagne e nelle fabbrichette al nero, sono sfruttati anche i detenuti. Fuori è il caporalato a garantire ai padroni mano d’opera schiava; in carcere è l’Amministrazione Penitenziaria a fornire al Ministero e alle loro imprese di fiducia lavoranti a 10 o 15 euro al giorno. Una parte dei quali sono oltretutto trattenuti per le spese giudiziarie. E come se non bastasse all’umiliazione di lavorare gratis o quasi, si aggiunge anche la beffa di offrirlo come fosse un privilegio. Giacché essere detenuto-schiavo non è da tutti, bisogna meritarselo con una sottomissione esemplare. O con l’accorciatoia del 58 ter, cioè divenire un informatore della direzione. Vogliamo provare ad immaginare che classe di soggetto sociale restituirebbe questo sistema alla società?

Il carcere riproduce gli orrori del mondo esterno e li affila. Migranti, omosessuali, rom, categorie ritenute deboli sono le cavie della strategia d’intimidazione e disorientamento psicologico da applicare a tutta la popolazione detenuta. La scelta delle cavie, ovviamente, è favorita da un contesto pubblico che criminalizza queste persone. I diversi sono generalmente considerati colpevoli a priori, ciò facilita l’impunità agli abusi d’ogni sorta. Ma questa pratica serve anche a ricordare a tutti gli altri la momentanea fortuna che hanno di non essere trattati allo stesso modo. Una minaccia diretta: state attenti, potreste essere voi. Lo scopo è doppio. Da un parte riduce la fiducia di queste “categorie” cosiddette vulnerabili nei confronti delle autorità e così rendendoli più facilmente criminalizzabili. Dall’altra spinge il resto della popolazione detenuta ad accrescere le differenze di trattamento nella speranza di garantirsi il privilegio della Normalità impossibile.

L’attacco all’orientamento e alla coscienza del detenuto è sistematico. Fa parte di un programma ben preciso, imposto dalla direzione e ciecamente eseguito dal personale delle differenti sfere di controllo interno, ma anche esterne all’istituto. Dal reparto sanitario all’area suppositivamente tratta mentale della pulizia penitenziaria alle istanze esterne di sorveglianza, tutti secondo le loro competenze si adoperano affinché l’abuso sia la norma, i diritti basici sacrificati in nome della sicurezza. E se qualcuno non si allinea, viene estromesso dalla funzione. La falsità e il raggiro generalizzato non sono pratiche accidentali ma raccomandate. L’obiettivo è quello di tenere il recluso sempre sulla corda, impedirgli di farsi un punto fermo. Bisogna togliergli ogni certezza a cui aggrapparsi per resistere al bombardamento psicologico. La minaccia dell’aggressione fisica è costantemente presente. E’ in un quotidianismo di tensione, costantemente rinnovata, che il detenuto affronta pene irragionevolmente lunghe e sempre passibili di un aggravamento di regime. Confesso che mi ci è voluto più f’un anno per vedere i meccanismi periferici che fanno della prigione un inferno. Il primo segnale di pericolo l’ho avuto allo scoprire che tutto il personale che opera nella prigione, senza distinzione di ruolo, mente con lo stesso automatismo con cui respira. Fino ad allora avevo pensato che questo abito fastidioso fosse dovuto a negligenza, qualche caso di maleducazione o, chissà mi dicevo, avrà avuto una ragione buona di dire una cosa per un’altra. Si usa dire che talvolta una buona bugia è meno grave di una cattiva verità. E’ stato proprio a causa di questo malinteso che ci ho messo tanto a capire quanta studiata malignità ci fosse in questa consuetudine.

Non si esce assolti dall’orrore generalizzato del sistema penitenziario appena mostrando al pubblico il teatro della Compagnia della Fortezza di Volterra, o le molteplici attività di reinserimento a Bollate. Due esempi di amministrazione che mostrano proprio ciò che dovrebbe essere la norma in tutte le carceri italiane. Nella quasi totalità delle quali, invece, perfino le scarse strutture apposite, fatte solo per aumentare la colata di cemento, sono volontariamente lasciate in disuso. La ragione sta nel volere di proposito che il detenuto sconti non solo condanne esorbitanti, ma sia anche rilegato al tempo morto che, quando non uccide, lo forgia nella fabbrica del crimine.

Rieducazione e reinserimento, due obiettivi ufficialmente soppiantati da infette parentesi di non vita, che per alcuni, parafrasando Michel Foucoult, si aprono sulla culla per chiudersi sulla bara.
Cesare Battisti











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Sur la peau de primo levi


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(Traduction en français
Merci de garder en tête que Traduire, c'est toujours un peu trahir.
Si cette traduction suscitait des questions, elles seront les bienvenues -
retrouver l'original en italien -> ICI <-)


Sur la peau de primo levi






"Seuls ceux dont l'humanité a été mise en doute peuvent enseigner aux autres l'humanité".

Ce qui m'a immédiatement intrigué dans ces prisons, c'est l’idée répandue, parmi les officiers, mais aussi parmi les membres de la direction, que chaque malheur porte la patte des communistes. Au début, je pensais que c'était une blague pour se moquer de moi en imitant Bolsonaro. Je devais cependant me rendre à l’évidence que l'expression était omniprésente et n’était, souvent, pas adressée à moi. C’est ainsi que devient communiste tout prisonnier qui revendique un droit, ou même le journaliste et l'homme politique qui oserait parler, à la télévision, de torture, ou proposerait même un projet culturel. Le comique de ces inflexions anthropologiques est que souvent le malheureux prisonnier en question confond l'idéal communiste avec l'hostie de communion. Tandis que pour ses détracteurs, tous sont communistes, sauf eux-mêmes et quelques dirigeants en marge. L'illusion que, pendant ma longue absence d'italie, la "menace" communiste était devenue si grande qu'elle terrifiait les bons citoyens de l'ordre a été de courte durée. Dès qu’ils eurent mis un téléviseur dans ma cellule, je compris que c'était l'expression commune de Meloni, Salvini et compères.

Un autre épisode curieux concerne quelqu’un qui est resté quinze jours dans mon couloir. Habituellement, le département d'isolement est tout à moi. Mais il arrive de temps en temps, question d'espace, un invité avec qui échanger deux mots à distance. À sa voix il semblait plutôt jeune. Fraîchement rentré au “beau pays”, je n'avais pas fait attention à l’accent. Quand il me dit qu'il était togolais, sa maîtrise de l'italien me frappa. J’ai ensuite pu constater aussi un excellent niveau d'éducation.
On apprend tout de suite à ne pas être indiscret en prison. Si quelqu’un veut raconter son histoire, très bien, mais ça ne se demande pas. Ça se crie en tout cas difficilement sur tous les toits. Mais Charly, appelons-le ainsi, s’était convaincu que je détenais l’explication d’un fait mystérieux qui lui était advenu. Selon lui, on l’avait mis à l’isolement parce qu’il voulait dénoncer un abus. Je pensais à aux habituelles intimidations de la direction, mais je me trompais. Ils l’avaient isolé pour le protéger des autres détenus, dont le code de l’honneur stipule que seuls les infâmes ont recours à la dénonciation. Il se serait alors justifié en disant qu’un code semblable existe aussi dans son pays. “Mais là les mêmes détenus sont tous unis pour faire respecter la justice. Tandis qu’en Italie, qui est "un pays civilisé" ou chacun ne pense qu’à soi, je pensais que recourir à la loi soit la seule issue. Je ne l’aurais jamais dit...” Après avoir été témoin du raz-le-bol de Charly, j'ai compris la raison d'une autre expression récurrente parmi les inspecteurs, lorsqu'il s'agit de faire taire ceux qui revendiquent un droit, ils disent en riant : "déposez plainte, qu'attendez-vous pour dénoncer ?"

Mais la prison ne se résume pas à des futilités et des moqueries. Ici, c’est de l'attaque sournoise de l'administration pénitentiaire sur l'estime de soi et la stabilité mentale du prisonnier que résultent les dommages les plus irréparables.

Tout comme on exploite "au noir" les migrants dans les campagnes et dans les usines, les prisonniers sont également exploités. À l'extérieur, c'est le “caporalato”(1) qui garantit l'esclavage aux patrons ; en prison, c'est l'administration pénitentiaire qui fournit au ministère et à ses entreprises de confiance des travailleurs pour 10 ou 15 euros par jour. Une partie de cette somme est également retenue pour les frais de justice. Et comme si l'humiliation de travailler gratuitement ou presque ne suffisait pas, il y a aussi l’offense de l'offrir comme un privilège. Puisqu’être “détenu-esclave n’est pas donné à tout le monde, il faut le mériter par une soumission exemplaire. Ou bénéficier du raccourci du 58 ter, c’est à dire devenir un informateur de la direction.
Peut-on essayer d’imaginer quel quel type de “citoyen” sera restitué à la société par ce système?

La prison reproduit les horreurs du monde extérieur et les exacerbe. Migrants, homosexuels, roms, catégories méprisées, sont les cobayes de la stratégie d'intimidation et de désorientation psychologique à appliquer à l'ensemble de la population carcérale. Le choix des cobayes, bien sûr, est favorisé par un contexte public qui criminalise ces personnes.
Les personnes différentes sont généralement considérés comme coupables à priori, ce qui facilite l'impunité des abus de toutes sortes. Mais cette pratique sert aussi à rappeler à tous les autres la chance momentanée qu'ils ont de n’être pas traités de la même façon. Une menace directe : attention, ce pourrait être vous. Coup double. D’une part cela réduit la confiance de ces “catégories” dites vulnérables à l’égard des autorité, et en les rendant ainsi plus facilement criminalisables. D’autre part cela pousse le reste de la population carcérale à aggraver les différences de traitement dans l'espoir de s'assurer le privilège de l'impossible normalité.



L'attaque sur l'orientation et la conscience du prisonnier est systématique. Elle s'inscrit dans un programme très précis, imposé par la direction et exécuté aveuglément par le personnel des différentes sphères de contrôle interne, mais aussi à l'extérieur de l'institution.
Du département sanitaire à la supposée “zone de traitement”(2), de la propreté pénitentiaire, en passant par les agences extérieures de surveillance, tous s'efforcent, selon leurs compétences, de faire en sorte que les abus soient la norme, les droits fondamentaux sacrifiés au nom de la sécurité. Et celui qui ne s’aligne est évincé du service. La fausseté et la tromperie générale ne sont pas des pratiques accidentelles, mais recommandées. L'objectif est de maintenir le détenu toujours sur la corde, l’empêcher de se mettre à l’arrêt. Il faut lui retirer toute certitude à laquelle s'accrocher pour résister au bombardement psychologique. La menace de l’agression physique est constamment présente. C'est dans une tension quotidienne sans cesse renouvelée que le prisonnier affronte des peines déraisonnablement longues, toujours passibles d’être alourdies. J'avoue qu'il m'a fallu plus d'un an pour voir les mécanismes périphériques qui font, de la prison, l'Horreur. La première alerte du danger, je l’ai perçu lorsque j'ai découvert que tout le personnel travaillant dans la prison, sans distinction de rôle, ment avec le même automatisme qu’il ne respire. Jusqu'alors, j'avais pensé que cette posture pénible était due à une négligence, une forme d'impolitesse ou, qui sait, me disais-je, il pouvait exister une bonne raison de dire une chose pour une autre. Il est de coutume de dire qu'un bon mensonge vaut parfois mieux qu'une mauvaise vérité. C'est précisément à cause de ce malentendu qu'il m'a fallu tant de temps pour comprendre toute la malveillance étudiée de cette coutume.

On ne s'absout pas de l'horreur généralisée du système carcéral en montrant au public le théâtre de la compagnie de la forteresse de Volterra, ou les nombreuses activités de réinsertion à Bollate, deux exemples d’administration qui montrent précisément ce que devrait être la norme dans toutes les prisons italiennes. Dont la quasi totalité desquelles, au contraire, y compris les rares structures spéciales, construites uniquement pour augmenter la production de béton, sont volontairement laissées à l’abandon.

La raison réside dans le désir délibéré que le détenu non seulement purge des peines exorbitantes, mais aussi qu’il soit livré à un désœuvrement absolu qui, lorsqu’il ne tue pas, le pousse dans la fabrique du crime.

Rééducation et réinsertion, deux objectifs officiellement supplantés par les parenthèses infectées de la non-vie, qui pour certains, paraphrasant Michel Foucault, s'ouvrent sur le berceau pour se refermer sur le cercueil.

Cesare Battisti




(1) le caporalato est une forme illégale de recrutement et d'organisation du travail, très courante en italie, par des intermédiaires, les soi-disant caporaux, qui embauchent des travailleurs pour une courte période (quotidienne ou au maximum hebdomadaire) sans respecter les règles de recrutement et les droits des travailleurs.

(2) les établissements pénitentiaires doivent principalement remplir deux objectifs institutionnels : l'incarcération des détenus et leur rééducation, mise en œuvre par le service de la "zone de traitement", communément entendue comme l'ensemble des activités de formation et de loisirs fournies par une administration donnée dans un établissement pénitentiaire donné.












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[ARCHIVES]
(Traduction en français -> ICI <- )


All’Ufficio di sorveglianza di Cagliari
All'attenzione della dottoressa M.C. Lampis





Oggetto: ricorso contro sanzione disciplinare

Oggi 17 agosto 2020 è stata notificata al sottoscritto Cesare Battisti una sanzione disciplinare per la quale lo stesso avrebbe avuto un comportamento scorretto in data 23 luglio 2020. Il fatto non è specificato nel documento.
L'oggetto di tale provvedimento non può che riguardare un colloquio avuto con la responsabile del reparto sanitario, alla quale facevo notare che 9 giorni di dieta per un esame clinico che richiederebbe al massimo 24 ore di dieta anti-scorie, era davvero eccessivo e pregiudizievole alla salute, considerando anche le mie patologie. La responsabile del reparto sanitario aveva in tutta evidenza di contraddirmi con raggiri inconsistenti e ostilità con l'intenzione di provocare una reazione inconsulta. La prova di ciò è che ella mi accolse nella sua sala accompagnata, stranamente, da un Ispettore di Polizia. Al chiedere la ragione della presenza di un Ispettore in una conversazione medico-paziente, l'Ispettore stesso mi rispose che era lì per raccogliere alcun proposito indebito da parte del sottoscritto: cosa glielo faceva pensare? Insomma mi stavano aspettando e si trattava di una provocazione organizzata. In risposta, si può supporre, alla recente denuncia da me esposta contro questo reparto sanitario per mancata assistenza medica continuata. L'episodio non fa che risaltare la malafede di questo Istituto, nel collocarmi in una situazione dove io non avrei avuto testimoni per contraddire la versione fantasiosa dell'Ispettore. Dico fantasiosa, innanzitutto perché non sarei stato incauto al punto da cadere in una trappola così grossolana e, comunque, non è mio costume usare tono e atteggiamento offensivo, soprattutto trattandosi di una Signora.
Si dovrebbe allora concludere che in questo Istituto sia sufficiente rilevare una faglia professionale per essere sanzionato?
Al di fuori di questo episodio, circoscritto e tendenziosamente esposto, mi si provi una sola volta in cui il sottoscritto abbia mancato di rispetto a chicchessia in questo Istituto.
Alla luce dei fatti, non posso che esternare a questa Autorità Giudiziaria preoccupazione per le probabili future conseguenze che si potrebbero produrre in un clima di indisposizione nei miei confronti.
Chiedo che il provvedimento in questione si ha annullato per non esistere il supposto atteggiamento offensivo.
Ringrazio per l'attenzione.

Massama 18 agosto 2020
Cesare Battisti






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[ARCHIVES]
(Traduction en français
Merci de garder en tête que Traduire, c'est toujours un peu trahir.
Si cette traduction suscitait des questions, elles seront les bienvenues -
retrouver l'original en italien -> ICI <-)




À l’office de surveillance de Cagliari
À l'attention du Dr M.C. Lampis



Objet : Recours contre les sanctions disciplinaires

Aujourd'hui, 17 août 2020, le soussigné Cesare Battisti a été notifié d'une sanction disciplinaire selon laquelle il se serait comporté de manière inappropriée le 23 juillet 2020. Les faits reprochés ne sont pas précisés dans le document.

L'objet de cette mesure ne peut concerner qu'un entretien avec le chef du département de la santé, à qui j'ai fait remarquer que 9 jours de diète pour un examen clinique qui aurait nécessité un maximum de 24 heures de régime anti-douleur, était vraiment excessif et nuisible à la santé, compte tenu également de mes pathologies. La responsable du département de santé avait de toute évidence prévu de me contrecarrer par des ruses peu convaincantes et une hostilité visant à provoquer une réaction inconsidérée. Elle m’avait en effet accueilli dans son bureau en présence, curieusement, d'un inspecteur de police. Demandant la raison de la présence d'un inspecteur dans une conversation médecin-patient, l'inspecteur lui-même me répondit qu'il était là pour recueillir tout propos inapproprié de ma part : qu'est-ce qui lui faisait envisager cela ? En somme, ils m'attendaient et c'était une provocation organisée. En réponse, on peut le supposer, à la récente plainte que j'ai déposée contre ce département de santé pour manque d'assistance médicale continuelle. L'épisode ne fait que mettre en évidence la mauvaise foi de cet Institut, en me plaçant dans une situation où je n'aurais eu aucun témoin pour contredire la version fantaisiste de l'inspecteur. Je dis fantaisiste, tout d'abord parce que je n'aurais pas été assez négligent pour tomber dans un piège aussi grossier et, de toute façon, je n'ai pas coutume d'user d’un ton et d’une attitude agressive, surtout face à une Dame.
Faut-il alors conclure que dans cet Institut, il suffit de détecter une faute professionnelle pour être sanctionné ?
En dehors de cet épisode, qui est circonscrit et tendanciellement exposé, qu’on m’apporte la preuve d’une seule situation ou le soussigné aie manqué de respect à quelqu'un dans cet Institut.

A la lumière des faits, je ne peux qu'exprimer à cette Autorité judiciaire mon inquiétude quant aux future probables conséquences auxquelles pourraient donner lieu un climat aussi mal disposé à mon égard.

Je demande que la mesure en question soit annulée parce que l'attitude prétendument offensante n'existe pas.
Je vous remercie de votre attention.

Massama 18 août 2020

Cesare Battisti







Note d'1mot2Cesare :

Cesare ne les mentionne sans doute pas systématiquement, mais ce n'est pas la première fois qu'il rapporte, dans ses communications, des actes d'intimidations ou de représailles.
Dans sa lettre publique "Coateria ministeriale", il en relevait deux, d'autant plus graves qu'elles s'attaquaient à sa santé :
(...) Je souhaite faire noter juste deux épisodes qui montrent une certaine intimidation pour me dissuader de ce genre de déclarations:
Le lundi 6 juillet à 17h15, j'étais au service de santé en raison d'un malaise qui se produit régulièrement depuis un certain temps, ma pression artérielle était effectivement inférieure à 100, lorsqu'un agent s'est introduit dans la pièce et, interférant dans une conversation entre le médecin et le patient, m'a agressé verbalement, m'empêchant ainsi de rendre compte des carences alimentaires. Je tiens à souligner que, compte tenu de ma conduite irréprochable dans l'institution, rien ne justifie un tel comportement de la part d'un agent, surtout dans cette institution.

Le deuxième épisode concerne cette audition qui, si je ne me trompe, était prévue depuis plus d'un mois et aurait dû être prise en compte dans l'agenda de la direction. Il se trouve pourtant qu'il y a tout juste six jours, la direction a réservé, le même jour (que cette audience) et à la même heure, un examen clinique externe, demandé par le spécialiste depuis février. Et comme si cela ne suffisait pas, hier matin seulement, à un jour de l’audience, un agent est venu m'informer du malheureux contretemps, en insistant toutefois sur le fait que j'aurais bien fait d'abandonner cette audience, puisqu'il faudrait attendre encore 6 mois pour l'examen.
Voilà, il me semble que cette cour a de quoi tirer ses conclusions.

Massama 10 juillet,
Cesare Battisti


Ce dernier cas, rapporté le 18 Août au travers d'une demande d'annulation de mesure disciplinaire injustifié, nous fait souvenir que lors de sa résidence surveillée à sa sortie de prison en 2003 ou 2004, les élus qu'il l'accompagnaient pour pointer, afin, précisément, de le protéger de ce type de provocation, nous rapportaient y avoir assisté à plusieurs reprises. Or ici, pas de témoin. C'est pratique. Plusieurs d'entre nous qui l'ont fréquenté de près durant de longues années, sans forcément connaître celui qu'il était de 1974 à 1978, savent pertinemment, ayant pu l'observer en plusieurs occasions, à quel point il est aujourd'hui rodé aux provocations, et ne répondrait en aucun cas sur un coup de sang dans une telle situation, à moins que ce soit par écrit. L'écriture est refuge et son réflexe conditionné par près de quarante ans d'exercice.






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Lo diceva anche Bertold Brecht


[ARCHIVES]
(Traduction en français -> ICI <- )


LO DICEVA ANCHE BERTOLD BRECHT




Lo Stato che fa marcire i detenuti nelle proprie carceri, affida gli emigranti alle Milizie Libiche assassine e i degenti alle lobby dell’impresa privata non ha autoritàmorale per pretendere il rispetto dei cittadini. Lo Stato che abbandona chi si trova nelle peggiori condizioni di vulnerabilità è uno Stato debole. Produce democrazia difettosa e spalamca le porte alla decadenza della società.
Ammesso che la “forma Stato” sia l’ideale per governare una democrazia – fino ad ora i risultati nel mondo sono piuttosto preoccupanti – sono decenni ormai che non si vede uno Statista a capo di un Paese. Si intende per Statista quella “bestia” politica che, fermo nelle sue convinzioni ma anche sensibile alle esigenze della nazione, governa il paese prendendo anche decisioni impopolari. Se, dal suo punto di vista, queste fossero necessarie a migliorare le condizioni di vita del popolo che governa. (si pensi a Francois Mitterand, tutt’altro che un indulgente ma in politica senza dubbio una bestia, quando abolì la ghigliottina contro la volontà del 70% dell’elettorato francese). Lo Statista mette il suo genio politico, il suo cinismo diciamolo, a disposizione di un progetto politico come di un’idea fallimentare. In ogni caso, il suo sguardo sarà sempre politico e la sua azione a lungo termine. Quelli che, invece, vediamo oggi a capo della quasi totalità dei paesi a suffragio universale non sono neanche più Statisti, ma appena Amministratori d’Azienda. Più o meno abili nel restare a galla e trarre il massimo profitto finché dura il mandato. Perciò non possono permettersi programmi di governo risolutivi,essi prevedono tempi lunghi, si rischia di divenire impopolari. Un rischio da non correre per chi solo pensa all’elettorato. Lo Statista sa veleggiare controvento se necessario. Mentre gli attuali Capi di Governo o i Leader politici, che lo scimmiottano alla televisione, si rimettono al ragionieredell’ufficio elettorale. Lo Statista ha il coraggio di affrontare le tempeste. L’Amministratore delegato, invece si affida ai sondaggi e sfascia la forma di quello stato stesso che legittima la sua nullità. E l’apparato, pesante come una condanna a morte annaspa, tutto teso a svendere le ragioni politico-elettorali mascherate da necessità di sicurezza. Si lascia la vigliaccheria dilagare. Si propaga l’idea che tutti i problemi nazionali si devono agli esclusi, agli “antisociali”. Da qualche tempo anche agli stranieri, specialmente se non occidentali.
Riprendere in mano le redini del paese, direbbero i soliti incazzati. Ma, ammesso pure che le redini siano necessarie,questo sarebbe possibile solo se esistesse un rapporto stretto tra società civile e politica. Cose del secolo scorso. L’era dell’attuale antipolitica, ha da un lato generato il mostro amorfo, l’Amministratore dello Stato in via d’estinzione, e dall’altro, il cialtrone populista, in tutto uguale al primo, salvo nello sbraitare. Personaggi che saltano fuori da chissà dove con la pretesa che non sarà più la complessità politica coi suoi discorsi difficili, ma la tecnica infallibile, o la mano dura, a governare meglio il paese. Senza commenti. Decadi in cui abbamo visto la distanza tra rappresentanti e rappresentati aumentare proporzionalmente alla disuguaglianza sociale. Con i conflitti popolari che si andavano forzosamente adattando a una realtà diversa, confusa. Il livello di rottura popolo-classe dirigente è stato così attivato gradualmente, senza il clamore delle lotte. Non un ritiro da fronte da parte delle forze progressiste, ma è l’assenza stessa di un fronte che ha sortito un effetto valle down generale.
Nell’incapacità di concepire l’impossibile progetto di governo, la borghesia si è asserragliata nella difesa dei propri privilegi, relegando la funzione dello stato moribondoa quella dell’avvocato di se stesso.
Il legislativo ha smesso da molto tempo di occuparsi di temi che riguardano la libertà, la salute, il benessere realedelle persone. Quante volte, trovandosi di fronte all’impossibilità tecnica di sentenziare, esponenti di spicco del giudiziario hanno chiamato in causa il legislatore. E il legislatore che a sua volta si scaglia contro la magistratura che non lo lascerebbe fare. Tanto ci sarà sempre un’emergenza da agitare per mantenere lo staus quo.peggio, per retrocedere, barricandosi dietro le solite leggine repressive.
L’Ordonamento Penitenziario, tanto per fare un esempio, è già stato superato da nuove esigenze, senza essere mai statoapplicato nella sua integralità. E potremmo dire la stessa cosa della Costituzione. Ciò non succfede solo per endemica insufficienza strutturale, ma anche per chiara mancanza di volontàpolitica. L’immigrazione, la democratizzazione della giustizia, l’aborto, la legalizzazione della droga, tanto per citarne alcune, sono tutte istanze in ostaggio dell’interminabile emergenza. Mentre dietro le quinte, le solite forze ultra reazionarieremano contro per impeedire al paese di proiettarsi nel futuro.
Non è possibile che tutto ciò si produca per inerzia. A chi giova la resitenza alle trasformazioni sociali? Voler mantenera a galla un sistema fondato su uno stato di emergenza costante, dove gli strappi alla democrazia diventano la regola. Intanto, le voci che si levano contro il declivio dei diritti, vengono subito stroncate dai professionisti del terrore mediatico. I fautori delle psicosi, sempre pronti a mettere in campo un nuovo mostro da abbattere. Ci voglioni far credere che siamo sempre in guerra contro l’imprevisto.si affrontano i problemi sociali come fossero eserciti da annientare. Dagli schermi immiseriti della televisione, il linguaggio bellicoso invade l’educazione nazionale. Ormai non si fa più ricorso all’esercito per risolvere una questione, ma si crea una “task force” per demolirla. Mentre gli interventi militari, quelli veri che massacrano i Popoli nel Sud del pianeta, sono gentilmente chiamati “forze di pace”
Ma le idee, i bisogni reali, la gente che vule vivere libera e progradire in pace, che posto ha in tutto questo?
L’uscita da capitalismo si si impone ma, come diceva Brecht: ”come fare per uscirne? Come fare, dico, per cominciare ad uscirne?”
Cesare Battisti






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BERTOLD BRECHT LE DISAIT AUSSI


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BERTOLD BRECHT LE DISAIT AUSSI






L'État qui fait pourrir les détenus dans ses propres prisons, qui confie les émigrants à la milice libyenne meurtrière et les détenus aux lobbies de l'entreprise privée n'a aucune autorité morale pour exiger le respect des citoyens. L'État qui abandonne les plus vulnérables est un État faible. Il produit une démocratie défectueuse et ouvre la porte à la décadence de la société.

Si tant est que la "forme étatique" soit idéale pour gouverner une démocratie - jusqu'à présent, les résultats dans le monde sont plutôt inquiétants - il y a des décennies maintenant que nous ne voyons pas d'"Homme d’État" à la tête d'un pays. Un Homme d’État est cette "bête" politique qui, ferme dans ses convictions mais aussi sensible aux besoins de la nation, gouverne le pays y compris en prenant des décisions impopulaires. Si, de son point de vue, celles-ci étaient nécessaires pour améliorer les conditions de vie des personnes qu'il gouverne. (François Mitterrand par exemple, loin d'être un indulgent mais en politique sans doute une bête, quand il a aboli la guillotine contre la volonté de 70% de l'électorat français). L'Homme d'État met son génie politique, son cynisme, disons-le mot, à la disposition d'un projet politique comme d’une idée ratée. En tout cas, son regard sera toujours politique et son action sera toujours à long terme. En revanche, ceux que l'on voit aujourd'hui à la tête de presque tous les pays au suffrage universel ne sont même plus des hommes d'État, mais à peine des chefs d'entreprise. Ils sont plus ou moins habiles à se maintenir à flot et à en tirer le meilleur parti le temps que dure leur mandat. Par conséquent, ils ne peuvent pas se permettre des programmes gouvernementaux résolus, lesquels demandent beaucoup de temps, ils risqueraient de devenir impopulaires. Un risque à ne pas prendre pour ceux qui ne pensent qu'à l'électorat. L'Homme d'État, lui, sait naviguer contre le vent si nécessaire. Tandis que les chefs de gouvernement actuels ou les dirigeants politiques, qui le singent à la télévision, s’en remettent au raisonnement du bureau électoral. L'Homme d'État a le courage d’affronter les tempêtes. Le PDG, en revanche, s'appuie sur les sondages et brise la forme même de cet État qui légitime sa nullité. Et l'appareil, aussi lourd qu'une condamnation à mort enchaînée, vise à trahir les arguments politico-électoraux déguisés en besoins de sécurité. On laisse la lâcheté se répandre. L'idée est répandue que tous les problèmes nationaux sont dus aux exclus, aux "antisociaux". Depuis quelque temps déjà, même aux étrangers, en particulier s’ils ne sont pas Occidentaux.

Reprendre en main les rênes du pays, diraient les rageux habituels. Mais, à supposer que les rênes soient nécessaires, cela ne serait possible que s'il y avait une relation étroite entre société civile et politique. Des trucs du siècle dernier. L'ère de l'anti-politique actuelle a engendré d'une part le monstre amorphe, l'Administrateur d’un l'Etat en voie d’extinction, et d'autre part, la canaille populiste, en tout point égale à la première, hormis les braillements. Des personnages qui tombent d'on ne sait où en prétendant balayer la complexité politique avec ses discours inbitables ne sera plus, au profit d’une technique infaillible, ou la main dure, pour mieux gouverner le pays. Sans commentaire. Des décennies au cours desquelles nous avons vu la distance entre représentant.es et représenté.es augmenter proportionnellement à l'inégalité sociale. Avec les conflits populaires qui s'adaptaient de force à une réalité différente, confuse. Le niveau de rupture entre le peuple et les dirigeants s'est ainsi activé graduellement, sans la clameur des luttes. Ce n'est pas un retrait du front par des forces progressistes, mais l'absence même de front qui a eu pour effet l’équivalent d’un down général.
Dans l'incapacité de concevoir l'impossible projet de gouvernement, la bourgeoisie s'est barricadée dans la défense de ses privilèges, reléguant la fonction de l'État moribond à celle d'avocat d'elle-même.
Il y a longtemps que le législateur a cessé de s'occuper des questions de liberté, de santé, de bien-être réel des personnes. Combien de fois, face à l'impossibilité technique de rendre leur sentence, des membres éminents du pouvoir judiciaire ont remis en cause le législateur. Et le législateur qui, à son tour, se jette contre le pouvoir judiciaire qui ne le laisserait pas faire. A tel point qu'il y aura toujours une urgence à s’agiter pour maintenir le status quo. Pire, pour reculer, en se barricadant derrière les lois répressives habituelles.

L'ordonnance sur les prisons, pour ne donner qu'un exemple, a déjà été dépassée par de nouvelles exigences, sans jamais être appliquée dans sa totalité. Et on pourrait dire la même chose de la Constitution. Cela n'est pas seulement dû à une insuffisance structurelle endémique, mais aussi à un manque évident de volonté politique. L'immigration, la démocratisation de la justice, l'avortement, la légalisation de la drogue, pour ne citer que quelques exemples, sont tous les otages de l'interminable urgence. Tandis qu’en coulisses, les forces ultra-réactives habituelles se battent pour empêcher le pays de se projeter dans l'avenir.

Il n'est pas possible que tout cela se produise par inertie. À qui profite la résistance aux transformations sociales ? Vouloir maintenir à flot un système basé sur un état d'urgence constant, où les atteintes à la démocratie deviennent la règle. En attendant, les voix qui s'élèvent contre le déclin des droits sont immédiatement écrasées par les professionnels de la terreur médiatique. Les partisans de la psychose, toujours prêts à désigner un nouveau monstre à abattre. Ils veulent nous faire croire que nous sommes toujours en guerre contre l'inattendu. Ils font face aux problèmes sociaux comme s'il s’agissait d’armées à anéantir. Depuis les écrans incommensurables de la télévision, le langage guerrier envahit l'éducation nationale. On ne dit plus désormais faire appel à l'armée pour résoudre une question, on dit créer une "task force" pour la démolir.
Alors que les interventions militaires, les vraies, qui massacrent les gens dans le sud de la planète, sont gentiment appelées "Force de Paix"...
Mais les idées, les besoins réels, les gens qui veulent vivre libres et s’organiser en paix, quelle place ont-ils dans tout cela ?

La sortie du capitalisme s'impose mais, comme l'a dit Brecht : "comment en sortir ? Comment faire je veux dire, pour commencer à s'en sortir" ?


Cesare Battisti








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Publions "L'île du Chat Bleu pour Cesare!





Août 2020, Cesare Battisti était aux prises avec l'administration pénitentiaire pour le respect de ses droits en détention. Parmi ceux-ci, une visio-conférence avec son fils de 6 ans, qu'il avait fini par obtenir, et qui venait tout juste de lui être concédée.

C'est à lui qu'il dédiait alors "L'île du Chat Bleu" en ces termes :
"A mon petit Raul Tomaz. Pour son chat de peluche que j’entrevois au travers de la webcam,
pour les délices qu'il glisse dans son panier,
pour ses voyages à l'infini."
Nous souhaitons publier ce livre-jeunesse, et nous le pourrons (en un temps record, puisqu'il faut qu'on ait bouclé dans moins d'un mois) grâce à vos souscriptions ici : https://www.helloasso.com/associations/abc-edition...