Becco di ferro

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Lorsque j'ai intitulé la page FB "La revanche de l'État : le cas Cesare Battisti", je ne faisais pas fait dans le sensationnalisme, contrairement à ce que certains ont peut-être pensé, ayant encore à l'esprit des slogans d’une autre époque. Et ce billet que je relance peut aider à le comprendre : Cesare Battisti était destiné à la prison de Rebibbia, comme le rapporte l'article ci-après "... A tel point que le 14 janvier, la "Brigade judiciaire du Bureau de la police des frontières aériennes Ciampino - Urbe" a informé le défenseur que "A la fin de la rédaction des actes rituels, il a d'abord été accompagné au Cabinet de la police scientifique pour être photographié puis pris en charge par le personnel de la police pénitentiaire - Nucleo Traduzioni della Casa Circondariale Rebibbia N.C.M. - Rome, préalablement intéressé, qui a prévu de le diriger et de l'associer à cette prison".
Mais deux dignes représentants d'une classe politique misérable, non contents d'avoir assisté à l'arrivée de Battisti à l'aéroport romain - rappelant ces vautours perchés sur un lampadaire attendant de s'abattre sur un cadavre, comme dans certains épisodes de Tex Willer - ont pensé se substituer à la magistrature et décider eux-même de la destination du prisonnier. Et n'oublions pas que le "retour" de Cesare Battisti rappelle de façon impressionnante l'enlèvement par la CIA de l'imam Abou Omar à Milan avec la complicité des autorités italiennes. En fait, Battisti aurait dû être extradé vers le Brésil, son pays de résidence, et de là, être extradé vers l'Italie pour y purger la peine de trente ans convenue avec les autorités de ce pays.
Mais il ne faut pas s’étonner de la subordination des magistrats, inflexibles avec les "faibles" - voir le cas de Dana Lauriola, pour citer le plus récent - mais prêts à accepter servilement les abus de pouvoir de leur ministre.
Mais continuez à croire aux institutions, je vous le recommande.

L'article qui suit date de plusieurs mois. Voici les dernières informations dont nous disposons :
Une mesure de censure a été mise en place sur son courrier dès l'arrivée en Calabre, ou il avait été transféré brutalement après l'annonce de sa grève de la faim, à l'insu même de ses avocats. La requête formulée contre cette censure a été rejeté le 29 octobre sous des pretextes confondants. Il fait également l'objet, dès lors, de rapport disciplinaire sur rapport disciplinaire, notamment le 16/09 pour avoir contestée la censure postale le 15 en même temps que la menace d'être confronté au milieu djihadiste, dont il est, de par ses projets littéraires et prises de position, une cible potentielle. Un autre rapport disciplinaire sanctionne sa tentative de faire passer des informations à ses avocats par ses proches, relayée par les médias italiens. Transféré de force en plein cœur de la section Isis, (en Version originale ici), dans une cellule crasseuse et dénuée de tout mobilier, toujours à l'isolement de fait, privé de son activité d'écrivain faute d'ordinateur, pratiquement sans même un livre à lire, il ne lui reste, comme son personnage Marco, que les tâches au mur comme interlocuteur et seule occupation, ou la lecture des communiqués du Vatican.
Il faut être particulièrement persévérant.e, écrire en Italien, et parler du beau temps, pour avoir une chance de lui faire parvenir du courrier, et lui même a beaucoup de mal à en envoyer.
Il dit également que climat est délétère, qu'ils feront tout pour le faire passer pour dangereux, et que la censure sur son courrier ne s'applique visiblement pas aux lettres de menaces qu'il continue de recevoir.



[ARCHIVES] La longue cavale de Cesare Battisti justifie-t'elle son isolement de fait depuis plus de...


traduction de l'article publié il y a plusieurs mois par Becco di Ferro



La longue cavale de Cesare Battisti justifie-t-elle son isolement pendant plus de seize mois ?

Depuis le 14 janvier de l'année dernière, Cesare Battisti est en prison à Oristano, où il a passé les six premiers mois en isolement de jour. Après cette période, cependant, l'isolement a continué de fait, étant le seul prisonnier AS2 (haute sécurité 2) de cette prison donc dans l’impossibilité de parler à quelqu'un qui ne soit pas un surveillant.


Cesare Battisti pendant le procès de la PAC


L'histoire politique de Cesare Battisti est probablement l'une des plus diffusées et certainement l'une des plus mystifiées. À qui voudrait s'en faire une idée, je recommande un livre publié par Deriveapprodi "L'affaire Cesare Battisti : ce que les médias ne disent pas" ; Voici une brève présentation du site web de l'éditeur : "La campagne médiatique unilatérale, et souvent mensongère, sur l'affaire Cesare Battisti s'inscrit dans le cadre plus ambitieux d'un jugement définitif de criminalisation des luttes des mouvements des années 70.
C’est à cette fin que sont niées les conséquences sociales d'une législation d'urgence, laquelle, se perpétuant dans les décennies suivantes, a fini par éroder les fondements de l'État de droit.
Ignorer cette évidence et traiter "l'affaire Battisti" comme un cas singulier, c’est tout d'abord ne pas comprendre les raisons juridiques qui ont poussé le ministre brésilien Tarso Genro à donner un avis favorable à l'asile politique ; Et c’est également rendre impossible une "solution politique" de ces années de conflit qui permettrait à tous les acteurs d'assumer leurs responsabilités et d’agir".

Battisti, aujourd'hui âgé de soixante-six ans, souffre de diverses pathologies, telles que l'hépatite B et des maladies pulmonaires, comme l'attestent les dossiers médicaux en possession de la prison. Sur cette base, l'avocat Steccanella avait déposé une demande de placement en détention à domicile, compte tenu du risque élevé que représente le Covid 19 pour une personne dans sa situation. Mais, comme le rapporte Il Secolo XIX du 18 mai, "une solution interne lui aurait été trouvée par le Dap". La même Cour de surveillance qui, le 26 novembre 2019, lui avait "consenti" les 45 jours de réduction de peine prévus par la loi, constatant que "pendant l'emprisonnement subi il avait fait preuve de sa participation au travail de rééducation, faisant en outre montre d’un comportement adapté ...".

Il était certes difficile d’imaginer qu’après la tempête qui a submergé les dirigeants du DAP pour les libérations à cause du Covid 19, dont beaucoup ont ensuite été révoquées, on se risque à mettre les mains à l’affaire Battisti.

Sur "Lundi.ma", nous apprenons qu'il a finalement été autorisé à utiliser Skype avec son fils brésilien, mais seulement un quart d'heure par semaine ("pourquoi seulement un quart d'heure ?" a-t-il demandé, "parce que vous êtes vous" lui a t’on répondu).

Dans ce contexte, il est légitime, voire nécessaire, de se demander quel est le sens de son affectation au régime As2. À l'époque, le but était évidemment de plaire à l'arrogant Salvini, alors ministre de l'intérieur. Mais pour d’autres mesures criminelles de la legisltature avec la lâcheté typique des politiciens et des bureaucrates, personne n’a voulu se charger de réexaminer la situation de détention du "dangereux terroriste".

C'est précisément à partir de ces données que l'avocat, Davide Steccanella, son défenseur de confiance, a transmis ces derniers jours à la DAP une demande de "déclassification" et de transfert vers une autre prison plus accessible tant pour les membres de la famille que pour le défenseur lui-même. Il faudra évidemment attendre que soient écoulés les délais "techniques" de la bureaucratie pour en connaître le résultat.


Salvini et Bonafede


L'histoire de son "arrestation", en pleine époque salvinienne, n'avait pas manqué de provoquer des réactions allant du triomphalisme à la satisfaction contenue, malgré les pitreries du ministre de l'Intérieur de l'époque et de l'actuel ministre de la Justice se rendant à l'aéroport pour profiter de leur "moment de gloire". Les voix ne manquent pas en hors du chœur pro-potence, mais sur certains sujets, la majorité des journalistes ne vont pas soulever le voile, notamment ceux de la presse dite "grand public".

Car sinon, ils devraient faire face à des découvertes embarrassantes. Par exemple - comme l'a rapporté la mémoire de l'avocat Steccanella à la DAP - que la prison de destination, telle que notifiée à son avocat, devait être celle de Rebibbia. A tel point que le 14 janvier, la "Brigade judiciaire du Bureau de la police des frontières aériennes de Ciampino - Urbe" a informé l'avocat que "A la fin de la rédaction des documents d’usage, il a d'emblée été accompagné au cabinet de la police scientifique pour être photographié, puis pris en charge par le personnel de la police pénitentiaire - Nucleo Traduzioni della Casa Circondariale Rebibbia N.C.M. - de Rome, préalablement avisé, qui s'est chargé de le diriger et de l’affilier à cet établissement pénitentiaire".

Il y a cependant un autre aspect, loin d'être marginal, qui est passé pratiquement inaperçu en Italie : l'activité de Cesare Battisti en tant que romancier. Cinq romans ont été publiés en italien jusqu'à présent : "Trasvestito da uomo", Granata Press, Bologne, 1993 - "L'orma rossa", Einaudi, 1999 - "L'ultimo sparro". Un "delinquente comune" nella guerriglia italiana", Derive-Approdi, Rome, 1998 - "Avenida Revolución", Nuovi Mondi Media, Ozzano nell'Emilia, 2003 et "Faccia al muro", DeriveApprodi, Rome, 2012.

En France, en revanche, dix romans sont publiés, ainsi qu'une nouvelle dans un recueil qui comprend également un texte de Carlo Lucarelli. Et le jeudi 28 mai, le nouveau livre de Cesare Battisti, "Indio", sera publié dans la série "Cadre noir" par l'éditeur Seuil .



Voici la présentation du livre publié dans Lundi matin : "On ne reviendra pas ici sur les 37 ans de cavale de Cesare Battisti, sur les conditions ignominieuses de son enlèvement extra-judiciaire en Bolivie, ni sur le report de parution de son dernier roman. Car l’œuvre paraît, elle sera en librairie jeudi prochain, et Indio prouve une fois encore qu’il s’agit aussi d’un romancier de grand talent : l’affirmer prend aujourd’hui, contre ses détracteurs de divers milieux et ses persécuteurs étatico-médiatiques, une portée immédiatement politique.".

"Indio Pessoa - explique l'écrivain Serge Quadruppani - est un personnage mystérieux qui, le jour de sa rencontre avec le narrateur, lui a annoncé son intention de se rendre à vélo à 350 kilomètres de là, à Cananéia, kilomètre zéro des routes brésiliennes. Dans cette ville côtière tout au sud du Brésil, entre chapelet d’îles, mangroves et lagune, on retrouve Indio noyé. Accident ? Crime ? Sa disparition est-elle lié aux recherches qu’il menait pour prouver que le Brésil aurait été découvert non par les Portugais mais par un pirate ottoman et un érudit juif, à savoir Barberousse et Cosme Fernandes ? Ou bien à l’existence d’un galion chargé d’or coulé dans les parages ? Entre réalisme magique sud-américain et fiction noire à l’italienne (avec une bonne pincée de gastronomie), roman historique et errance rêveuse, le natif de Latina nous offre un roman d’aventure qui veut « donner la parole au peuple indien, toujours poursuivi et massacré sur sa propre terre. Dire aussi les injustices infligées à la généreuse communauté de pêcheurs de Cananéia, qui résiste à la vague noire des entrepreneurs sans scrupule qui voudraient effacer de ce monde toute humanité ".



Lundi matin a également lancé une invitation à soutenir Cesare Battisti dans son travail d'écrivain : "... Or, il a entrepris un récit ambitieux, sur les traces de deux personnages, Khaled, originaire du Rojava, et Zahra, soudanaise, qui fuient devant Daesh, de la Syrie du Nord-Est jusque dans les Pouilles, en Italie, en passant par le Liban, le Soudan, la Libye... Cesare a donc besoin de documentation, voici ses demandes :
Rojava : des cartes, surtout de la zone frontière avec la Turquie, trouver un village où naît Khaled, infos sur la vie culturelles, les vêtements, la nourriture, Khaled étant animateur, il faudrait un projet culturel implanté par les Kurdes ; des images des lieux et des gens (montagnes, plaines, fleuves, lacs) ; le mieux serait des témoignages de personnes qui ont fait ces routes ; je sais qu’il y a une route de migrants vers le Liban : y a-t-il des camps de réfugiés, des infos générales ? Il me faut aussi des noms et prénoms masculins et féminins kurdes.
Liban : Même chose : cartes, vêtements, alimentations, un ville sur la côte avec carte détaillée d’où s’embarquer pour l’Afrique (j’ai lu quelque chose là-dessus) ; les trajets, les camps, des images, des noms et prénoms libanais.
Soudan et Libye : même genre d’infos, cartes, etc. Il me faut une ville soudanaise où placer les deux personnages principaux, avec un hôpital pour l’accouchement de Zahra. Il me faut une carte de cette ville et quelques infos sur les bâtiments publics. Le mieux serait, comme toujours, d’avoir des récits et témoignages… Il existe une version d’Al Qaeda au Soudan, il me faut son nom et quelques détails avec. Et aussi des noms propres de personnes. Pour la Libye, j’ai déjà du matériel, il me manque des infos sur la milice nazie « Aube Dorée » qui massacre les migrants.
Envoyez-nous du matériel, nous ferons suivre… Et peut-être une relation directe avec lui sera-t-elle bientôt possible… »






Vous pouvez retrouver la publication d'origine en italien sur Becco di Ferro <-










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