1mot2c... Compagnes et compagnons de galères par leurs proches & ami.e.s

Cette idée de "portraits par celles et ceux qui le connaissent", avait été évoquée il y a quelques mois afin de soutenir, pour Cesare, son propre reflet dans le miroir, en résistance à celui qu'on lui tend obstinément depuis tant d'années comme un châtiment, aliénant, de l'enfer.

Il est a espérer qu'elle suive son court, aujourd'hui plus seulement pour Cesare, mais pour toutes les personnes que nous aimons qui appartiennent à la même Histoire, et qui sont confrontées à la même virulence d'un pouvoir qui voudrait continuer à leur en faire porter seuls toute la responsabilité, y compris la part qui lui revient pourtant, sans que ce soit, loin s'en faut, un "secret d'État" aujourd'hui.

Voici un premier texte en ce sens, puisse-t'il inspirer d'autres témoignages de qui ils et elles sont vraiment.

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IT (Si prega di suggerire correzioni a questa traduzione, così come traduzioni in altre lingue che sarebbero utili)

Questa idea dei "ritratti da parte di chi lo conosce", è stata accennata qualche mese fa per sostenere, per Cesare, il proprio riflesso nello specchio, in resistenza a quello che gli è stato ostinatamente rinfacciato per tanti anni come una punizione, alienante, dell'inferno.

C'è da sperare che segua il suo corso, oggi non solo per Cesare, ma per tutte le persone che amiamo e che appartengono alla stessa Storia, e si confrontano alla stessa virulenza di un potere che vorrebbe continuare a far ricadere su di loro tutte le responsabilità, compresa la parte che gli appartiene, senza che questo sia, tutt'altro, un "segreto di Stato" oggi.

Ecco un primo testo in questo senso, che possa ispirare altre testimonianze di chi sono veramente quelle persone belle.

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Br (Por favor, sugira correções a esta tradução, assim como traduções para outros idiomas que seriam úteis)

Esta idéia de "retratos de quem o conhece", foi mencionada há alguns meses a fim de apoiar, para Cesare, seu próprio reflexo no espelho, na resistência àquele que lhe tem sido obstinadamente imposto por tantos anos como um castigo, alienante, do inferno.

É de se esperar que ela siga seu curso, hoje não só para Cesare, mas para todas as pessoas que amamos que pertencem à mesma História, e que são confrontadas com a mesma virulência de um poder que gostaria de continuar a fazê-los arcar com toda a responsabilidade, incluindo a parte que lhes pertence, sem que isso seja, longe disso, um "segredo de Estado" hoje.

Aqui está um primeiro texto neste sentido, que inspire outros testemunhos de quem eles realmente são.

Parmi les aspects de la personnalité de mon ami, celui qui revenait le plus souvent toquer à ma mémoire depuis son incarcération est un petit lutin espiègle. Il s’est probablement éteint après des mois d’un tel traitement, et cela me peine beaucoup.

Il chahute quiconque se trouve sur le chemin de sa pause méritée après des heures de travail recroquevillé devant son écran. Avant cela, il a probablement erré d’abord des heures durant entre les lignes qui glissent et s’effacent sur fond de lumière bleue et des milliers d’évocations finies comme en boule de papier à la corbeille. Ensuite il a laissé à plusieurs reprises le chat pianoter sur son clavier de gauche à droite, la queue en l’air, cherchant l’inspiration. Ne vous y trompez pas, ce chat là n’a rien à voir avec le vôtre, il n’est pas là en train d’empêcher son camarade de travailler, il est là parce qu’il sait que c’est le moment d’y être, parce que leur relation sait que c’est ce qu’il a de plus précieux à donner à son ami précisément à ce moment là.

Et puis soudain, il a trouvé, frotté affectueusement le museau du chat, qu’il a reposé furtivement sur ses pattes sur la table à coté. De là, Chatchat-prrr-prrr pourra veiller encore un peu pour s’assurer des effets de sa magie, puis, satisfait de l’efficacité de son remède, repartir de là ou il est venu, sur le toit, par le velux branlant et fendu qui laisse passer le gel l’hiver.

Ensuite il a tapé frénétiquement sur son clavier, à trois doigts à peine, mais plus rapides encore que deux paires de mains de pianistes.

Un petit bout de langue se tend sous l’effort de concentration et émerge du coté gauche de sa bouche, comme s’il s’agissait d’une pédale d’accélérateur. C’est le même que celui du troll qui surgira tout à l’heure après l’effort, à quelque chose près, en moins sérieux.
Sa main droite se lève bien haut pour taper d’un coup sec le coup de grâce au point qui clôture la matière des dix pages à venir ! C’est le moment de se dégourdir les membres !

Le diable saute hors de sa boite, et surgit dans le petit 25m2 si vite que le chat a l’impression qu’ils sont deux, et jette un œil interloqué vers le toit dont il revient à peine, du coté d’où il débouche sur la minuscule mansarde de l’écrivain...

Marina, Roberta, Gigi et Maurizio

et aussi Cesare, qui m'a permis de les connaître, ainsi que les autres personnes que je ne connais pas et qui partagent les mêmes galères, et sûrement leur valeur.

Quand je suis face à un drame qui touche mon entourage ou les personnes que, dans ma vie, j’ai aimé, les mots m’assaillent, ils m’attaquent. Ils tournent en tornade à travers et autour de moi, ils me harcèlent jusqu’à la nausée. Ils se précipitent dans mes oreilles, mes yeux, mon nez, ma gorge, mon crâne, ressortent par ma bouche de force, ou relancent mes douleurs cervico-brachiales pour parvenir jusqu’à mes doigts et forcer leur obéissance. Je ne trouve pas le repos pour autant quand ils y parviennent, je ne trouve pas le repos tant que le drame continue de se jouer, et tant que tout de la façon dont il me touche n’a pas été exprimé. Ça fait mal. Mal au ventre jusqu’à la nausée, mal dans le plexus solaire, qui semble comprimé devant comme derrière au point qu’il semble devoir finir par exploser, mal au dos, mal dans la poitrine, mal dans la gorge et tout le long des tendons de mon corps.

Parmi les personnes qui sont aujourd'hui menacées de recommencer une fois encore à expier, puisque la pseudo justice des hommes ou de leur foutu système capitaliste est toujours aussi archaïque, vengeresse, et pour autant ne reconnaît pas d’autre expiation que sa batterie de torture moyenâgeuse, j’ai connu au cours de ma vie quatre cœurs en or. Leur moteur depuis toujours, depuis avant même le piège auquel leur détermination et le système injuste qu’ils combattaient les avait acculés, c’est l’amour de l’humanité, la volonté de participer à la sortir de la merde incroyable dans laquelle elle se trouve toujours, de lui rendre son espoir, sa dignité, sa liberté, ses rêves, sa beauté, son avenir.
Comme nous toutes et tous, elles ne savent pas comment y parvenir. À la différence de celles et ceux qui n’ont pas vécu ça, elles se sont retrouvées à l’aube de leur jeunesse dans un contexte, une ambiance, une effervescence, un espoir et une puissance, face à la violence d’une oppression grandissante, qui les ont convaincues qu’elles entrevoyaient l’issue, et qu’il fallait coûte que coûte aller jusqu’au bout.

Quand je les ai rencontrées, longtemps après, bien revenues qu’elles étaient alors de l’impasse dont elles avaient cru pouvoir forcer l’issue des années auparavant, deux choses m’ont frappée : la jeunesse, la fraîcheur qui perduraient en elles, et leur profonde humanité, sa douceur, sa tendresse. La beauté de leur âme, si on peut appeler ça ainsi.

Ce n’est pas un hasard si on les retrouve aujourd'hui, dans cette « deuxième chance » qu’elles ont tenté de se donner sans jamais vraiment y parvenir entièrement, au service de l’humain, comme c’est le cas de Marina, au service de l’humain quand il a le plus besoin d’assistance. L’organisation humaine devrait travailler tout entière pour l’humanité toute entière, elle ne devrait pas, comme c’est toujours le cas, asservir la base au profit d’élites auto-proclamées à son propre détriment et à celui de son environnement. L’Histoire des vaincus et celle des vainqueurs nous enseignent que nous n’avons toujours pas trouvé le moyen d’y remédier, et pourtant il est toujours plus urgent d’y remédier. Mais y compris pour les vainqueurs qui s’acharnent à continuer de tirer profit du désastre qu’ils organisent, même s’ils s’en sortiront toujours moins mal que nous, d’une façon ou d’une autre ils nous accompagnent dans le mur vers lequel ils nous propulsent à toute vitesse s’ils continuent à s’accrocher à leur pouvoir démesuré et à leurs privilèges.

Quand j’ai pu me détacher de ces personnes pourtant précieuses, m’éloigner, prendre de la distance, parce que le lien qui m’avaient amenée à les connaître s’était perdu dans la tempête et qu’il pouvait être oublié, je l’ai fait. Parce malgré toute l’affection que je leur porte et la jovialité, la fraternité, la sororité, la tendresse, toute l’humanité éclatante qu’elles arrivent à conserver malgré l’enfer qu’elles vivent, c’était trop dur, même pour moi qui ne faisait pourtant que côtoyer ce fardeau, sans le porter. Ne serait-ce que de les voir « porter leur croix » dans cette foutue société qui n’évolue pas, c’était dur. On en partageait forcément aussi les peines, on en prenait forcément aussi un peu de souffrance, l’angoisse récurrente, exacerbée par chaque campagne électorale, chaque poussée du fascisme rampant et de sa petite sœur autoritariste. On se heurtait avec elles aux limites rencontrées à chaque tentative de se (re)construire, de se faire une place, de travailler, de vivre, de faire des projets, des enfants qui s’imposent comme de nouvelles victimes de cette situation inextricable.
Et puis en vieillissant le poids se fait plus lourd, je me souviens d’une des alertes les plus terrifiantes, dans les années 2000, je crois, alors que pas mal d’entre-elles étaient déjà des grands parents… repartir en cavale ? Se considérer trop âgé pour ça, renoncer et se livrer pour finir entre 4 murs ? Non pas seulement privé.e.s de liberté le système carcéral étant ce qu’il est dans ce 21èm siècle encore moyenâgeux ; mais pire encore, dans un statut hors du droit qui permet tous les abus, les droits élémentaires en détention déniés, aucun moyen d’en sortir à l’aide d’un nouveau procès équitable dans lequel pouvoir enfin se défendre un minimum, et cela à 65 ans, 66, 67, 77 ans ?! Non ce n’est pas de la justice. Même sans être les seules victimes de cette Histoire, même si certaines victimes (parmi lesquelles quelques bourreaux aussi) leur étaient imputables - toujours une infime part, quoiqu’il en soit, de ce qu’on leur met sur le dos aujourd’hui - la Justice ne peut pas être « œil pour œil dent pour dent », et encore la torture à vie comme peine de mort pour endosser l’ensemble de responsabilités dont elles ne devraient porter que leur raisonnable part.

En attendant, pour les personnes qui poursuivent sous l’épée de Damoclés leur « exil doré », pas vraiment de statut pour vivre, tout juste un semblant de statut pour survivre en attendant que s’évanouisse la contre-partie cette promesse qu’elles ont respecté tout ce temps : Celle de rester, en échange, toujours à portée de vue du pouvoir en place, de lui communiquer chacune de leurs nouvelles adresses et de ne pas s’en éloigner. Tout ça pour être plus faciles à cueillir à la première carte électorale à jouer. C’est si pratique d’encourager les bas instincts pour s’assurer les voix des fâcheux !

Alors oui, je me suis éloignée, cette histoire n’est pas la mienne, pourquoi en porter ma part de souffrance ? Sauf que. O.K. on s’épargne comme ça la plupart des angoisses de leur quotidien, mais lorsque le drame arrive, on se rend compte que le lien est toujours là, et qu’on ne peut pas s’en épargner toute la douleur. Maurizio, Roberta, Gigi, Marina, je vous aime,et j’ai mal, et j’ai peur pour vous.